AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 162 à surmonter quand ils apprennent la conjugaison des verbes, en commençant par avoir et être et, respectivement, a avea et a fi. Ainsi, par exemple, aux formes verbales latines, pour la I ère personne du singulier : hab ŭī , f ŭī , cant ā v ī , tac ŭī , f ē c ī , dixi, correspondent, en français, les formes : j’eus, je fus, je chantai, je tus, je fis, je dis, et en roumain : avu ĭ , fu ĭ , cânta ĭ , t ă cu ĭ , f ă cu ĭ , zise ĭ ; aux formes mersi et aud ī vi correspondent en roumain merse ĭ et auzi ĭ . Notre objectif : nous allons observer, en analysant différents types de textes, quelques convergences et les principales divergences dans l’emploi du passé simple dans les deux langues, en tenant compte d’abord du fait qu’il appartient à deux systèmes verbaux apparentés, mais aussi différents. Toutes nos considérations porteront sur le français et le roumain contemporains. En français, on l’appelle aussi passé indéfini en l’opposant ainsi au passé défini ou passé composé, les deux appartenant au prétérit ou parfait : De là il e ∫ t arrivé que dans la plu ∫ part des Langues vulgaires, il y a deux ∫ ortes de preterit ; l’yn qui marque la cho ∫ e préci ∫ ément faite, & que pour cela on nomme définy, comme j’ay écrit, j’ay dit, j’ay fait, j’ay di ∫ né ; & l’autre qui la marque indéterminément faite, & que pour cela on nomme indéfiny, ou aori ∫ te, comme j’écrivis, je fis. (Grammaire Générale, 108, apud Fournier, à paraître) De plus, en français, on distingue le passé simple du passé antérieur, forme composée marquant l’antériorité dans une subordonnée temporelle, avec laquelle il entre en relation ; en roumain, il n’y a pas de correspondant pour le passé antérieur, la succession des verbes au passé simple indiquant la chronologie des événements. Comme on le verra plus loin, en roumain actuel standard, le passé simple, appelé perfectul simplu est souvent remplacé par le passé composé, appelé perfectul compus. Ainsi la dénomination métalinguistique roumaine de ce temps met-elle en évidence le fait que c’est un temps hérité du latin, temps lié à la valeur aspectuelle perfective. Les locuteurs roumains (sauf ceux de la province d’Olténie, de certaines zones du Maramuresh et des Monts Apuseni) ne l’emploient plus dans la conversation courante ; ils en apprennent à l’école le paradigme de conjugaison. L’imparfait (roum. imperfectul) et le plus-que-parfait (roum. mai-mult-ca- perfectul) sont les temps du passé avec lesquels le passé simple entre habituellement en relation, dans les deux langues : (1) O lumin ă cenu ş ie, tulbure privea prin ferestre, când se trezi Glaneta ş u. (Rebreanu, in GALR, I, 422)

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