AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 163 (1’) Une lumière grise, trouble passait à travers les vitres, lorsque Glaneta ş u se réveilla. (n. tr.) (2) Nu se uita ş i nu vedea pe nimeni ş i pentru întâia oar ă nu r ă spunsese la salutul cuiva care trecu pe lâng ă el ş i îi d ă du bun ă ziua. (Preda, in GALR, I, 423) (2’) Il ne regardait nulle part et ne voyait personne et pour la première fois, il n’avait pas répondu au salut de quelqu’un qui était passé [littér. « passa »] près de lui et lui avait dit [littér. « dit »] « bonjour » 1 . (n. tr.) 1. Convergences dans l’emploi du PS en français et en roumain Notre étude s’appuie, au point de vue théorique, sur l’idée qu’il faut faire la distinction entre la (les) valeur(s) sémantique(s) propre(s) à chaque temps verbal (perspective référentielle) et les usages pragmatiques des temps verbaux, liés à « une importante variété d’effets de sens » (L. De Saussure 2010, 136) produits par l’emploi dans le discours des formes verbales finies : « [...] les temps verbaux sont sémantiques puisqu’ils encodent de l’information, qui plus est référentielle, mais aussi pragmatiques car ils présentent à la fois une dimension inférentielle et discursive, et surtout qu’ils conditionnent l’ordre temporel dans une large mesure et donc dépassent le cadre de la phrase. » (L. De Saussure 2010, 137) 1.1. Le PS – temps de l’événement. Traits spécifiques de nature aspectuo-temporelle Comme on vient de le dire, en français comme en roumain, le PS exprime l’aspect perfectif ; c’est une forme verbale apte à exprimer un événement ou bien une série d’événements : « On admet généralement que le PS saisit les événements dans leur globalité » (Vetters 1993, 25) 2 . Gramatica de baz ǎ a limbii române définit la catégorie de l’aspect comme suit : « L’aspect surprend le changement d’état désigné par les verbes au point de vue de son déroulement, qui peut être considéré comme : – un événement unique, de courte durée (=aspect ponctuel ou momentané) ou comme étant en cours 1 En roumain, l’imparfait est soit temps déictique, soit temps de relation, le plus-que-parfait est un temps typique de relation, le passé simple est, selon les contextes où il apparaît, soit temps absolu, soit déictique (v. GBLR 2010, 252-255). 2 Voir aussi Paul Imbs (1968, 82) : « L’étude du futur prophétique nous a montré que le futur se présentait volontiers en série avec lui-même, de manière à constituer un récit, projeté dans l’avenir. Le PS a la même propriété, qui est en relation avec sa définition la plus adéquate : la faculté de se construire en série avec lui-même dérive de son aptitude à projeter dans le passé des événements, qui se présentent par nature en série, et constituent ainsi une histoire. Aussi bien l’emploi du passé simple est-il étroitement lié à la notion d’événement, dont l’exacte saisie est essentielle pour le juste emploi de ce temps. »
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