AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 164 de déroulement, dans un laps de temps plus long (=aspect duratif ou continu) ; – comme achevé (=aspect perfectif) ou non achevé (=aspect imperfectif), etc. » (n. tr.) (2010, 243-244 passim). « Le passé simple, tout comme le passé composé, a une valeur aspectuelle perfective, indiquant une action ou un état achevés, mais sa valeur aspectuelle est plus nette que celle du passé composé; il s’agit d’une valeur ponctuelle. » (n. tr.) (GBLR 2010, 252) En français actuel standard, le PS s’emploie pour évoquer des événements situés loin dans le passé, qui n’ont plus de liaison avec le moment de l’énonciation. Il s’agit d’une temporalité allocentrique, d’« un moment envisagé depuis un point de vue distinct du point de vue déictique du locuteur » (L. De Saussure 2010, 136). Nous considérons que cette temporalité allocentrique est un sens présupposé impliqué par le contenu sémantique (conceptuel) de ce temps (voir plus loin l’exemple 3). En roumain actuel, le PS désigne toujours l’action ou l’état achevés dans le passé, mais, en tenant compte des différents contenus procéduraux attachés à ce temps, nous formulons, dès maintenant, l’hypothèse qu’il y a deux paradigmes verbaux homonymiques, un premier paradigme correspondant à un PS employé surtout à la troisième personne, comme temps narratif fictionnel (v. plus loin l’exemple 3’). Le PS fictionnel est considéré comme temps absolu : « Il n’y a aucun rapport au moment de la parole » (n. tr.) (GBLR 2010, 252). Ce premier paradigme du PS comporte le même sens présupposé de temporalité allocentrique que le PS français. Un second paradigme, homonyme du premier, serait le PS déictique (noté PS – roum.2), employé dans certains parlers régionaux (v. plus loin le point 3). Les traits inhérents pour le PS français et pour le PS du roumain actuel standard (PS – roum.1) sont donc : [+perfectif, +temporalité allocentrique, +passé éloigné] ; pour le PS du roumain régional (PS – roum.2), on aura les traits suivants : [+perfectif, +temporalité déictique, +passé immédiat]. 1.2. Le passé simple dans les textes de type « récit fictionnel » et « texte mémorialistique » Tout texte a sa propre temporalité, issue du réseau de relations entre les temps exprimés par les formes verbales et/ou les adverbes temporels ou autres spécifications. Pour illustrer la capacité du PS d’être le temps de l’événement, nous allons examiner deux textes : le récit fictionnel, les exemples (3) et (3’) et le texte mémorialistique, les exemples (4) et (4’).

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=