AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 165 1.2.1. Le récit fictionnel (3) Sa conversion artistique eut lieu, d’une manière inattendue, au cours d’une errance un jour d’hiver, alors qu’il visitait le petit musée Edison […]. À l’entrée du bâtiment d’accueil, s’élevait un arbre spectaculaire, un banian, qui fit une très vive impression sur lui. C’était la première fois qu’il voyait un tel arbre. Il contempla longuement ce géant séculaire dont les racines adventives aériennes partaient des branches et descendaient verticalement vers le sol où, formant de multiples piliers, elles devenaient de nouveaux troncs. C’était l’image du lent travail du temps, ce grand sculpteur, et comme une sorte de synthèse du monde. […] À partir de ce moment, le banian devint son arbre de référence et sa devise : ce fut dorénavant pour lui l’emblème du travail créateur. (Brulotte 2011, 93-95) (3’) Convertirea sa artistic ă avu loc într-un mod nea ş teptat, în timpul unei hoin ă reli într-o zi de iarn ă când se dusese s ă viziteze muzeul Edison […]. La intrarea în cl ă direa unde era recep ţ ia muzeului, se în ă l ţ a un copac nemaipomenit, un banian, care-i produse o impresie deosebit ă . Vedea pentru prima oar ă un asemenea copac. Contempl ă îndelung acest uria ş secular ale c ă rui r ă d ă cini plecau dinspre ramuri ş i coborau în linie vertical ă spre p ă mânt unde, formând un fel de stâlpi numero ş i, se transformau în trunchiuri. Era imaginea lucr ă rii lente a timpului, acest mare sculptor, un fel de sintez ă a lumii. […] Din acea clip ă banianul deveni pentru el copacul de referint ă , punct de reper ş i deviz ă c ă l ă uzitoare : acesta fu (reprezent ă ) pentru el de aci înainte emblema muncii creatoare. (n. tr.) Dans le texte de l’exemple (3), le récit fictionnel portant sur un épisode de la vie du sculpteur Turcotte commence par une triple spécification temporelle : les couples au cours d’une errance, un jour d’hiver et la proposition temporelle « alors qu’il visitait ». La trame temporelle qui est comme un « squelette textuel » est construite par les verbes à l’imparfait (imparfait en contexte narratif et imparfait descriptif à valeur aspectuelle « perfective »). Les verbes au PS (tous marqués par les italiques) expriment des événements uniques qui avaient eu lieu ce jour-là où le personnage Turcotte découvrait dans le banian « son arbre de référence et sa devise. » Les nœuds ou articulations du texte sont représentés par les verbes au PS, dont le rôle, à notre avis, est de signaler les événements importants vécus par Turcotte, autour desquels vont se disposer des fragments textuels, dont la cohésion est assurée par l’imparfait. L’alternance PS/IMP donne au texte une progression linéaire simple. Si les verbes au PS ont à l’infinitif le trait aspectuel [+duratif], alors ils admettent la combinaison avec des adverbes ayant le même trait, tels que longuement, dans (3) : « Il contempla longuement » et encore, dans (4) : « Les hostilités durèrent encore. »

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