AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 166 La traduction en roumain du texte (3) respecte l’alternance du PS et de l’IMP, temps employés selon les règles suivantes : – La règle générale pour l’emploi du passé simple formulée par Kamp et Rohrer en 1983 et reprise par Vetters (1993, 17) est : « i. le PS introduit un nouvel événement e qui précède le moment de la parole t o ; ii. e suit le dernier événement déjà introduit. » ___E1___E2___E3___E4___E5___E6___E7______T0___ – La règle générale pour l’emploi de l’imparfait (Kamp et Rohrer, 1983 ; Vetters 1993, 18) est : « i. la phrase à l’imparfait introduit un nouvel état s ; ii. cet état se situe avant le moment de la parole t o ; iii. contient le dernier événement e (introduit par une phrase au PS). » _______E1______S1_____________T0___ « On peut dire que le PS fait avancer le récit alors que l’imparfait le retarde […], le PS avance le point de référence en le déplaçant vers la droite, tandis que l’imparfait garde le point de référence du dernier événement. » (Vetters 1993, 18) 1.2.2. Le texte mémorialistique La même analyse peut s’appliquer « grosso modo » au texte suivant, (4), dans lequel apparaissent aussi le passé composé (PC) et le Présent : (4) Les hostilités durèrent (=durar ă /au durat) encore huit mois. Au mois d’avril 1945, quelques semaines avant la capitulation de l’Allemagne, pendant les vacances de Pâques, je vins (=venisem) à Paris pour le dernier trimestre scolaire. Je découvris (=am descoperit) le théâtre, le wisky, l’holocauste, les soldats américains […]. Les fêtes que Paris se donna pour la fin de la guerre, le 8 Mai, et surtout le 14 Juillet de cette année-là, sont inoubliables (=sunt de neuitat). Jamais je n’ai revu (n-am mai v ă zut) pareille certitude dans la joie. Mon parrain, ancien prisonnier libéré, m’emmena (=m-a dus) voir Le Dictateur de Chaplin. Trois mille personnes riaient et applaudissaient (=râdeau ş i aplaudau). Je revins (=m ă întorsesem) en vacances à Colombières trois ans après en être parti, avec mes parents. J’y retrouvais (=îmi reg ă seam) mes amis, le soleil et la pêche. Tout semblait (=p ă rea) indiquer un retour à la paix, aux mêmes manières de vivre. On commençait (=Începea) à parler des camps d’extermination ; et rien ne laissait imaginer (=nu l ă sa s ă se întrevad ă ) les vastes horreurs soviétiques. C’était (=era) comme un étrange réveil. L’énergie jaillissait (= ţ â ş nea) des ruines, l’euphorie l’emportait (=trecea înaintea) sur la conscience des choses. Au milieu du siècle, hommes et femmes avaient quelque peine à reconnaître la destruction, la mort et l’atrocité révélée. Il fallut (= a trebuit) des années pour admettre l’Histoire. (Carrière 2000, 304)

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=