AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 172 faisant eux-aussi référence au présent ; il avait, comme nous venons de le voir (au point 2) une valeur de perfectum praesens. Nous empruntons à Walter de Mulder l’exemple suivant : (10) Sire, nos estiiens orains ci entre prime et tierce, si mangiens no pain a ceste fontaine, aussi con nos faisons ore, et une pucele vint ci, …si nos dona… – Seigneur, nous étions donc ici dans la matinée entre six et neuf heures, et nous mangions notre pain auprès de cette source, tout comme maintenant, quand survint une jeune fille…elle nous donna… (Aucassin et Nicolette, XXII, 31,35, apud De Mulder 2010, 183) Le passé simple était d’un emploi général, non seulement dans les narrations, mais même dans la conversation courante : (11) Or sire, la bonne Laurence,/Vostre belle ante, mourut-elle ? (La Farce du Maître Pathelin, apud N. Condeescu 1968, 187) En moyen français, le PS peut exprimer aussi des faits passés, achevés avant le moment de l’énonciation, mais dont les résultats se font sentir au moment présent, c’est-à-dire il est encore temps déictique et peut être l’équivalent du PC, comme on l’observe dans l’exemple suivant : (12) […] pour hausser ma langue maternelle,/Indonté du labeur, je travaillai pour elle,/Je fis des mots nouveaux, je rappelay les vieux/Si bien que son renom je poussay jusqu’aux cieux ;/Je fis d’autre façon que n’avoient les antiques » (Ronsard, Responce aux injures et calomnies de je ne sçay quels Predicans et Ministres de Geneve, 1563, vers 1019-1023) Au cours de l’histoire du français, les valeurs du PS et du PC ont subi des changements. Ainsi, à l’époque de la Grammaire de Port-Royal (1660), le PC « s’emploie pour les événements survenus le jour de l’énonciation et le PS pour les événemets situés plus loin dans le passé. [...] À l’époque, le PC avait une valeur d’accompli présent [...]. Le PS avait déjà perdu sa valeur d’accompli présent et ne s’utilisait déjà plus que pour les événements passés sans lien avec le présent. » (Vetters 2011, 348) En français actuel, le passé simple est exclu de la conversation quotidienne (sauf quelques rares exceptions régionales). Il réfère « à un moment du passé, sans considération du contact que ce fait, en lui-même ou par ses conséquences, peut avoir avec le moment présent. » (Grevisse et Goosse 2008, 1093) 3.2. Le PS – temps déictique en roumain actuel (emploi régional) Type de texte : dialogue quotidien En roumain actuel standard, l’on observe une extension abusive du passé composé, qui remplace tantôt le passé simple à valeur de perfectum historicum (PS – roum.1), tantôt même le plus-que-parfait. En revanche, le

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