AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 175 Nous allons présenter deux textes tirés du roman Baltagul de M. Sadoveanu, remarquables du point de vue de leur cohésion temporelle. Dans les deux textes, on évoque une série d’événements liés à la découverte par Victoria Lipan du fidèle chien de son mari disparu. Celui-ci avait beaucoup de troupeaux de moutons et avait été assassiné en haute montagne. La découverte du chien devra hâter la fin des recherches du corps du berger disparu. Dans le premier texte, situé à la fin du chapitre XII, l’auteur fait le récit palpitant de cette découverte, comme s’il y avait participé lui-même, en employant des phrases courtes : (15) Cotir ă pe o hudi ţă , subt o râp ă . În fund sta închis ă o gospod ă rie bine întocmit ă . Cum ajunser ă la zaplazul de scânduri, domnu Toma b ă tu cu toiagul în poart ă . Îndat ă r ă spunser ă câinii. Vitoria se gr ă bi s ă treac ă înainte ş i împinse porti ţ a. Î ş i trase de la subsuoar ă be ţ i ş orul ca s ă se apere. Domnu Toma p ăş i în urma ei, întinzând cu luare-aminte gâtul într-o parte, ca s ă vad ă ce se întâmpl ă . Trei câni n ă v ă lir ă cu z ă p ă ituri sup ă rate. Deodat ă , cel mai mare, din mijloc, se opri. St ă tur ă ş i ceilal ţ i; apoi se r ă zle ţ ir ă , l ă trând din laturi. Cel din mijloc st ă tea neclintit ş i a ţ intit. Era un dul ă u sur ş i flocos, cu urechile ş i cu coada scurtate, dup ă moda din munte a ciobanilor. Vitoria î ş i trecu be ţ i ş orul în stânga ş i întinse spre el mâna dreapt ă . – Lupu ! (Sadoveanu 1969, 140-141) (15’) Ils tournèrent l’angle d’une petite rue étroite qui se perdait en bas d’un ravin. Au fond on voyait la porte fermée d’une belle ferme. Dès qu’ils furent arrivés à la palissade, M. Toma frappa de sa canne dans la porte. Aussitôt ce furent les chiens qui répondirent. Vitoria se hâta pour passer devant et poussa la porte. Elle tira la baguette qu’elle portait sous le bras, pour se défendre. M. Toma la suivit de près, tendant attentivement le cou, pour voir ce qui se passait. Trois chiens se précipitèrent en clabaudant. Soudain, le gros, qui se trouvait au milieu, s’arrêta net. Les autres firent pareillement, puis ils se dispersèrent en continuant d’aboyer. Celui du milieu se tenait immobile, le regard fixé sur les hôtes. C’était un gros chien au poil gris et abondant, aux oreilles et à la queue écourtées, d’après l’habitude des bergers montagnards. Vitoria se passa la baguette dans la main gauche et tendit vers lui la main droite. – Mon Loup ! (n. tr.) La relation de coordination est dominante ; le passé simple s’impose : il s’agit d’actions rapides, achevées au moment même où l’auteur les présente (c’est le moment de l’énonciation). Presque tous les verbes sont au passé simple ; les adverbes îndat ă (aussitôt) et deodat ă (soudain) soulignent l’aspect momentané exprimé aussi par les verbes prédicats. L’imparfait apparaît deux fois seulement (st ă tea, era) pour exprimer un état duratif. Puisque le moment où se passent toutes les actions est le moment « présent », d’autres formes verbales, comme le subjonctif présent (s ă treac ă , s ă apere, s ă vad ă ) et le présent de l’indicatif (se întâmpl ă )
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