AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 176 apparaissent normalement ; c’est le présent exprimant la simultanéité par rapport au passé simple p ăş i (il (la) suivit). Si on voulait transposer le texte en français, on devrait employer les mêmes temps passés, à savoir le passé simple et l’imparfait, avec les mêmes valeurs aspectuelles. Au niveau des formes, il y aurait une seule différence, sans que l’on puisse observer une différence de valeur modale : à la place des verbes au subjonctif présent, en roumain, il y aurait des verbes à l’indicatif, en français. La valeur modale reste inchangée, le subjonctif et l’infinitif expriment le but de l’action. La différence essentielle entre le texte roumain et sa variante française serait donnée par les valeurs temporelles du passé simple en roumain et en français. Si en roumain le texte est rattaché au moment « présent » (T 0 ), en français, il serait rattaché à un passé lointain car le passé simple interrompt généralement, en français, la liaison avec le présent. Le passé simple est un temps qui caractérise, selon E. Benveniste, le système de l’énonciation historique. Ce système imposerait l’emploi du morphème de l’imparfait à la place de l’indicatif présent dans la proposition complétive : « Domnu Toma p ăş i … ca s ă vad ă ce se întâmpl ă . » – « Monsieur Toma la suivit de près… voir ce qui se passait. » Dans le deuxième texte, situé au début du chapitre suivant, le récit des événements se fait à l’aide du passé composé pour exprimer des faits antérieurs au moment où l’on parle. Les discours indirect et surtout indirect libre caractérisent ce texte narratif. Le nouveau maître du chien de Victoria Lipan raconte comment il avait trouvé, quelques mois auparavant : « ast ă - toamn ă » (« l’automne dernier »), le chien égaré dans les montagnes : (16) Dând l ă murire la întrebarea nevestei, ar ă t ă c ă acest câne de pripas a venit la gospod ă ria lui ast ă -toamn ă , din râpile muntelui. L-a v ă zut dând târcoale ; pe urm ă s-a suit pe-un colnic ş -a urlat, cum url ă cânii în singur ă tate. A coborât ş i s-a a ş ezat în preajm ă , supunându-se cu pântecele de p ă mânt. Munteanul a în ţ eles c ă poate s ă fie un câne r ă t ă cit de la ciobanii care au trecut cu oile. L-a judecat de ş tept ş i vrednic dup ă înf ăţ i ş are ş i a strigat la nevast ă s ă -i caute o bucat ă de m ă m ă lig ă rece. I-a adus m ă m ă liga aproape ş i i-a l ă sat-o. El s-a apropiat ş i a mâncat-o lacom, din dou ă înghi ţ ituri. A venit la poart ă , a ş teptând s ă i se deie drumul. Gospodarul a deschis poarta… (Sadoveanu 1969, 141-142) (16’) Donnant des explications à la question de la femme, il dit que ce chien vagabond était venu à la ferme en automne, des ravins de la montagne. Il l’avait vu rôder aux alentours, puis il était monté sur une butte et s’était mis à hurler, comme font les chiens solitaires. Il en était descendu et s’était assis, ventre à terre. Le montagnard avait compris que c’était peut-être un chien de berger égaré après le passage des troupeaux. Il l’avait jugé intelligent et adroit et il avait dit à sa femme de lui apporter un

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