AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 177 morceau de polenta froide. Il lui avait apporté la polenta et la lui avait laissée. Le chien s’en était approché et l’avait avalée avidement, en deux gorgées. Il était venu à la porte, attendant qu’on lui ouvrît. Le paysan ouvrit la porte. (n. tr.) Comme on le voit, la relation syntaxique de coordination est dominante aussi dans ce texte. Les deux textes s’opposent chronologiquement ; l’opposition chronologique est réalisée par l’opposition formelle et sémantique entre le passé simple (employé dans le premier texte) et le passé composé (du deuxième texte). Par conséquent, si on voulait transposer en français le deuxième texte, l’emploi du passé composé ne serait pas recommandable. En français, le passé composé reste lié au présent du moment de la parole. C’est pourquoi le temps qui irait dans ce cas, comme équivalent sémantique du passé composé roumain est le plus-que-parfait. L’indicatif présent poate serait remplacé par l’imparfait : « Le montagnard avait compris qu’il (= ce chien) pouvait être un chien égaré. » 4. Conclusion : y a-t-il deux paradigmes homonymiques pour le PS en roumain ? L’emploi du PS en français et en roumain comporte des similitudes, mais aussi d’importantes divergences. Les règles d’emploi de ce temps agissent comme de véritables contraintes sémantico-pragmatiques. Elles découlent des traits inhérents qui caractérisent le contenu sémantique (conceptuel) du PS dans les deux langues. Les sens « procéduraux » du PS doivent être étudiés dans différents types de texte, car la temporalité en général, et surtout la temporalité particulière des formes verbales sera toujours une question de linguistique textuelle, discursive et pragmatique. Dans un texte donné, les verbes au PS entrent en relation avec d’autres temps verbaux et/ou avec toutes sortes de spécifications temporelles. C’est par ce réseau de relations temporelles textuelles que se précisent clairement et nettement les sens procéduraux des temps verbaux. La recherche que nous avons entreprise nous autorise à affirmer qu’il y a en roumain actuel deux paradigmes homonymiques pour le PS, à savoir : • le paradigme du PS – temps du passé (noté PS – roum.1) , utilisé comme temps narratif et interprété comme forme qui exprime la saisie globale d’un événement (usage aspectuo-temporel) ; il apparaît dans les textes écrits ; • le paradigme du PS – temps déictique (noté PS – roum.2), utilisé dans le langage régional (certains patois olténiens) et interprété comme un passé récent de valeur aspectuelle perfective. Il sert à

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