AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 14 rôle du personnage dans la diégèse). Crayonner le personnage d’une anecdote c’est l’introduire dans l’horizon d’attente du lecteur. Le narrateur use de maint(e)s « gestes » / modalités par l’entremise desquels il fait apporter son protagoniste à la connaissance du lecteur virtuel. L’un de ces « gestes » qui indiquent la parution du héros sur l’échiquier narratif c’est le chronotope qui repose, certes, sur le pacte fictionnel, signé dès le début entre l’auteur, le narrateur et le lecteur (Lejeune 1975 , 115). Construire le temps et l’espace fictifs de la diégèse implique des gestes de l’écrivain pour lequel l’émergence du réel est primordiale. Toute analyse chronotopique repose sur un schéma des gestes indiquant le temps, l’espace qui conditionnent le devenir psychologique des personnages : une évolution, si cet actant est un héros, une involution, si cet actant est un protagoniste. Plus ou moins caché dans son texte, plus ou moins manifeste dans son texte et, finalement, plus ou moins masqué dans son texte, l’auteur laisse des traces indélébiles de sa subjectivité et volens nolens il modalise son discours par : des moyens linguistiques : les déictiques, les liaisons anaphoriques, les temps verbaux couvrant le champs lexical de l’incertitude tel le présomptif et / ou le champs lexical du passé dans le passé tel le plus que parfait ou le passé antérieur, etc. des moyens narratifs : des techniques narratives différentes : in media res , le hic et nunc , le pseudo hic et nunc , l’écriture contrapuntique, le fragmentarisme, l’ambiguïté architecturale, l’antithèse architecturale, l’architecture cyclique, l’ironie, l’histoire cadrée, etc. des moyens topographiques et chronologiques vérifiables. Ce sont les repères de la géographie fictive ayant des rapports à celle réelle, promise par le pacte fictionnel. Ce sont en égale mesure, les dimensions temporelles de l’époque envisagée dont le chronotope emporte les valeurs morales, religieuses, idéologiques, éthiques, philosophiques, en un mot, axiologiques. En termes de l’éloquence gestuelle, ce serait le geste de l’auteur indiquant sur la carte géographique du monde le lieu exacte du déroulement de l’action. En un second pas, le même auteur découpe de la carte temporelle de l’humanité la ou les périodes de la diégèse. L’œil habitué du lecteur avisé n’est pas dupe lorsqu’il rencontre, à travers sa lecture, même en haleine, que les lieux et les époques dont l’auteur fait question dans le roman, sont inventés, fictifs donc, même s’il y a des rapports vérifiables, toponymiquement et historiquement parlant, avec la réalité.
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