AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 15 4. Des irradiations du chronotope Ou des réponses à la question quelles seraient les « promesses » interprétatives du chronotope ? Autrement dit, quels sont les indices, aidant à la compréhension du texte, que les axes temporels et spatiaux cachent ? Un lecteur critique voit juste quand il cherche des suggestions de lecture au delà du chronotope. Une lecture polygonale de tout discours y démêlerait quelques types de chemins ou clés du texte. Nous les avons nommées ouvertures textuelles : sémiotiques, narratologiques, sociologiques. L’incipit des récits renvoient souvent à la métaphore de la route qui se conjugue avec le motif du voyage et ensemble décrivent une quête, soit intérieure, déclarée comme telle dans la plupart des cas, soit extérieure, engendrant alors un transcodage, par l’entremise de l’autoscopie. 4.1. L’ouverture sémiotique, interrogeant les signes et les systèmes signifiants des sens 5 , explore le niveau endogène, de profusion du texte, et vise l’agrandissement du détail « parlant ». Nous n’insistons pas sur la théorie générale des signes dans toutes leurs formes, leurs manifestations, leurs représentations des systèmes signifiants, nous sommes plutôt à la quête des pratiques et des phénomènes culturels, des codes sociaux, des comportements des personnages conçus comme des systèmes signifiants dont le chronotope fait preuve. Si l’œil est avisé, le lecteur peut déchiffrer dès les premières pages d’un roman , par exemple, toute une typologie des systèmes signifiants se donnant pour objets d’étude les pratiques sociales, les comportements humains envisagés comme des systèmes signifiants. L’écrivain cherchera toujours des outils concrets de la construction des effets de sens et de l’illusion du réel dans ces divers systèmes. Par voie de conséquence, le chronotope serait un outil méthodologique dont dispose la sémiotique afin de correspondre aux exigences de l'analyse des textes littéraires complexes. À son tour, le chronotope se sert des acquis de la sémiotique afin de faire parler les détails du texte et de pénétrer, de ses irradiations, l’hécatombe de la composition. 4.2. L’ouverture narratologique. Une situation appropriée en le temps et en l’espace du narrateur et de la narration (son temps présent et passé) échafaude et une focalisation et une vision correctes sur le texte. Nous faisons appel ici aux théories très connues de Gérard Genette et de Jean Pouillon relatives au point de vue dans le récit narratif : la focalisation / point de vue : zéro, interne et externe (Genette 1966) et la vision: « avec », « par derrière », « par devant » (Pouillon 1993). Le chronotope est, sous cet 5 La sémiotique (...) se donne pour but l'exploration du sens. Cela signifie qu'elle ne saurait se réduire à la seule description de la communication (définie comme transmission d'un message d'un émetteur à un récepteur): en l'englobant, elle doit pouvoir rendre compte d'un procès beaucoup plus général, celui de la signification. (J. COURTÉS, Introduction à la sémiotique narrative et discursive , 1976, p. 33)

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