AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 186 Sânge amestecat Terre salée Ş i atunci îl v ă zu. St ă tea gol pe o piatr ă ş i a ş tepta. (138) Et c’est alors qu’il vit le gamin nu, assis sur une pierre, l’air d’attendre. (112) Alexandru se a ş ez ă pe o piatr ă lâng ă el. Î ş i mai ş terse o dat ă fruntea cu un col ţ al mantiei ş i se uit ă în jos. (138) Et Alexandru s’assit sur une grosse pierre à côté de lui-même en essuyant son front et en regardant en bas. (112) Alexandru pu ş tiul, fluiera admirativ ş i- ş i întinse bra ţ ele, ca ş i când ar fi vrut s ă adune toat ă c ă ldura aia de amiaz ă ş i s-o ascund ă în piele. (138) Le gamin siffla de façon admirative en faisant un geste des bras comme pour ramasser toute cette chaleur de l’après-midi et la faire pénétrer en lui. (112) Le balisage des pratiques réductrices opérées à même le texte de Sânge amestecat [Sang mêlé] met en évidence une écriture contrapuntique qui a abouti à un roman elliptique. Or, l’ellipse y apparaît comme un embrayeur de la cohésion du texte qui loin d’être ambigu, est considérablement enrichi. La suppression des éléments de l’hypotexte qu’on retrouve d’une manière plus ou moins explicite dans l’hypertexte, incite le lecteur « à créer du sens sur la base de quelques indices déclencheurs. » (Cortès cité par Cristea 1998, 88) Le résultat d’une telle démarche est la thématisation, c’est-à-dire l’écrivaine a choisi seulement les éléments qu’elle a considérés essentiels pour son récit, éliminant tous les autres. Il s’agit d’une option personnelle qui a métamorphosé la chronique d’une famille ( Sânge amestecat [Sang mêlé]) en une histoire d’amour, celle d’Anda et d’Alexandru. Nous touchons par là à un autre aspect qui vise la transformation sémantique du texte et sa conformité ou non-conformité par rapport à son précurseur. 2. Imitation et fugue L’écriture, conçue par Roland Barthes comme une « liberté souvenante » (1965, 19), permet à l’écrivain d’affirmer sa liberté et en occurrence le considère tributaire à toutes les écritures précédentes et au passé de son propre écriture. Ce double versant du continu écrit amorce la problématique de l’imitation « qui n’est pas une simple reproduction, mais bien une production nouvelle : celle d’un autre texte dans le même style, d’un autre message dans le même code » (Genette 1982, 110). L’imitation créatrice doit dans un premier temps faire preuve de compétence et identifier les schèmes d’un texte pour les rendre ensuite productifs et faire preuve de performance. Par conséquent, entre le texte imité et son

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