AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 210 Ici, cet homme-animal, métisse d’Indien et de Blanc, essaie de raconter, dans un amalgame de tupi et de portugais, la fin de sa propre histoire et de celle de son peuple. Le récit Meu tio o Iauaretê a été publié, pour la première fois, dans le numéro 25 de la Revue Senhor , en mars 1961. Rosa l’avait cependant déjà sélectionné pour composer une œuvre intitulée Estas histórias , pour laquelle il avait choisi des nouvelles ou de longs contes, comme le signale Paulo Ronai dans l’introduction du recueil posthume, le 14 novembre 1968, la parution datant de 1969. Ronai remarque également que Rosa y aurait apporté des modifications jusqu’au dernier moment. Écrit avant Grande Sertão : veredas [ Diadorim 6 ], le récit aurait été laissé de côté par l’auteur, probablement à cause de la reprise de la structure narrative du roman qui deviendra son chef-d’œuvre. En effet, comme dans Diadorim , il y a ici la présence d’un interlocuteur qui ne parle pas directement, mais seulement par la médiation du discours ininterrompu du locuteur, qui donne voix et vie à ce personnage/témoin qui est à la fois absent et présent. Galvão, dans Impossível retorno [Impossible retour], essai incontournable sur cette œuvre, soulève une question concernant le retard de la publication : « l’exploitation de cette trouvaille formelle serait-elle la raison de cette mise à l’écart ? » (Galvão 1978, 34) 2. Analyse de l’œuvre et de sa verbalisation en français Even-Zohar affirme dans la théorie des polysystèmes (1972) que, traditionnellement, les œuvres littéraires produites par les pays périphériques sont reçues par les cultures centrales comme des œuvres secondaires et n’ont pas valeur de référence. Tandis que dans les pays périphériques, les œuvres littéraires traduites contribuent, le plus souvent, à la formation d’un modèle national 7 . Les traductions de la littérature brésilienne ont suscité en France de nombreuses controverses, en particulier celles de l’œuvre de Guimarães Rosa, considérées comme peu inventives. Il suffit de se rappeler les deux traductions de Grande Sertão : veredas , critiquées par nombre de spécialistes de la traduction comme 6 Diadorim. Traduction de Grande Sertão : Veredas réalisée par Jean-Jacques Villard, Paris : Albin Michel, 1965. et ensuite par Maryvonne Laouge-Petorelli, Paris : Albin Michel, 1991. 7 Cf. DE SOUSA, Germana H. P., « O Brasil em Oran: leitura crítica da tradução de Graciliano Ramos do romance La peste , de Albert Camus », XI Congresso Internacional da ABRALIC Tessituras, Interações, Convergências, du 13 au 17 juillet 2008, USP– São Paulo, Brésil. Disponible sur: http://www.abralic.org.br/cong2008/AnaisOnline/simposios/pdf/045/GERMANA_SOUS A.pdf.
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