AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPHES FRANCOPHONES 2011 226 Nous nous proposons d’analyser en quelle mesure ces aspects se couvrent dans les deux langues, combien grande est la divergence mentionnée, chercher l’origine de ces irrégularités et les éventuels écarts et esquisser les difficultés que cet état de choses crée aux apprenants roumains. Étymologiquement, l’adverbe provient du nom dat ă ( =fois ) précédé de l’article indéfini o (= une ). Le nom lui-même représente le participe passé du verbe a da (« donner », lat. dare ) , au féminin. Il figure comme entrée secondaire dans DEX ’98 (l’entrée principale étant constituée par l’adjectif) et, bizarrement, le pluriel d ăţ i n’y figure pas ; la seule forme de pluriel mentionnée, date, concerne une autre acception du nom (ex. date de naissance, données du problème ) qui a une entrée spéciale. Cette erreur est corrigée par NODEX (2002) qui enregistre deux noms féminins, le premier avec le pluriel date et le second avec le pluriel d ăţ i (mais les deux provenant du français date !) et surtout par DOOM (2005, 208) qui marque le nom féminin dát ă , synonyme de oar ă , avec le pluriel d ăţ i. Selon DER ( Dic ţ ionarul etimologic român , publié par Alexandru Cior ă nescu entre 1958-1966 à Universidad de la Laguna, Tenerife), cité par DEX online, le nom qui nous intéresse vient de dat , participe du verbe a da (ou, selon Tiktin, qu’il évoque, directement du lat. data ), et il rencontre un autre nom de la même forme, provenant du français et dont le pluriel est date . L’édition corrigée et complétée du DEX publiée en 2009 introduit le pluriel d ăţ i , pour le substantif féminin figurant comme IIe sens de DAT 2 , - Ă , mentionné tout d’abord comme adjectif. Quant à oar ă (pluriel ori ), il vient du latin hora 5 , les dictionnaires sont tous d’accord sur ce point. 2. O dat ă , de dou ă ori … de n ori... numéral adverbial ou adverbe/ locution adverbiale ? Les « numéraux adverbiaux » dans les grammaires roumaines À consulter les grammaires roumaines ( GALR (1963, 2005), Iordan, Robu (1974), Constantinescu-Dobridor (1996), Irimia (1997, 2008), Dimitriu (1999), GBLR (2010), etc.), on constate des ambiguïtés, des hésitations, et même des positions contradictoires dans l’établissement de la classe. Dans la tradition grammaticale roumaine, cet aspect était traité dans le chapitre destiné au « numéral adverbial ». Celui-ci ... « indique le nombre de fois dont une action se répète ou la proportion numérique dans laquelle une qualité (ou une quantité) d’un objet se manifeste. » ( GALR , 2005, I, 320). La classe des numéraux comprenait, sauf les cardinaux et les ordinaux, les multiplicatifs , répartis actuellement par GBLR dans la classe des adjectifs, pouvant être utilisés aussi comme adverbes ( îndoit / 5 Le latin hora a donné l’it. ora, l’ancien fr. ores . Cf. d’ores et déjà, désormais, dorénavant.

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