AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 242 Le choix de Mircea Eliade a semblé particulièrement pertinent dans cette perspective puisque cet auteur bénéficie d’une assise importante en tant qu’historien et théoricien des religions. Mircea Eliade, bucarestois de naissance (13 mars 1907) a fait ses études au Collège « Spiru Haret » avant de publier son premier article intitulé « Comment j’ai découvert la pierre philosophale ». Polyglotte, dès 1925, il s’inscrit à la Faculté de philosophie et prépare un mémoire de licence sur la Renaissance italienne, qu’il soutiendra en 1929. L’année correspond au commencement de son engagement politique – qui lui sera reproché – mais on note, dans le même temps, des amitiés maintenues avec des personnalités telles que Mihail Sebastian (je ne traiterai pas ici d’autres aspects politiques qui relèvent, par ailleurs, d’un autre débat). En 1928, il rencontre E. Ionesco et E. Cioran, ce qui constitue une étape symbolique pour la littérature roumaine moderne, et publie également son roman Gaudeamus . Son départ pour l’Inde, à Calcutta, durant trois ans, pour préparer son doctorat Le yoga, immortalité et liberté (soutenu en 1933), va lui permettre de parfaire ses connaissances linguistiques et de s’ouvrir à de nouveaux horizons culturels, par l’hébreu, le persan et le sanskrit. C’est également cette année-là qu’il obtient un prix pour son roman Maitreyi (publié en français en 1950, chez Gallimard). Jusqu’en 1940, il enseigne la philosophie indienne à l’Université de Bucarest, puis est invité à Paris par G. Dumézil à l’École Pratique des Hautes Études (1945) où il présente des chapitres de ce qui deviendra plus tard son Traité d’Histoire des religions . En 1949, il publie Le mythe de l’éternel retour et, en 1956, Le sacré et le profane . Ensuite, il voyage en Europe et aux États-Unis avec son épouse Christinel Cottesco, avant de s’installer définitivement à Chicago où il se verra confier la Chaire d’histoire des religions (1959). En 1963, l’ouvrage Aspects du mythe est publié à Paris, dans sa première édition. Il est membre du Comité de patronage de la revue « Nouvelle école » (1970). À son décès, en 1986, il est aussi Doctor Honoris Causa de nombreuses Universités. Dans l’ouvrage Aspects du mythe , l’auteur introduit cette notion par les définitions qui ont pu être données à diverses étapes de l’évolution de nos sociétés et qui sont marquées elles aussi par une régénération des idées avec une volonté de rupture avec le passé ou un retour aux sources et une réappropriation du patrimoine ancien, littéraire et culturel. C’est l’alternance de ces différentes conceptions qui permet à nos sociétés d’évoluer et de s’adapter aux modifications temporelles et spatiales qui « pèsent » sur elles. S’agissant du mythe, on peut dire que la vision occidentale contemporaine l’envisage comme une histoire vraie, issue de la tradition sacrée, associée à la béatitude originelle, tandis que le XIX e siècle le considère davantage comme une fable, une invention ou une fiction. Mircea Eliade appuie son raisonnement sur la connaissance qu’il a d’autres
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