AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 243 cultures et mondes qu’il a acquise lors de ses voyages, notamment, et renvoie à une sorte d’inconscient collectif. Ce dernier aspect est amplifié par certaines figures et par certains procédés de style utilisés tout au long de l’ouvrage – avec, notamment, des reprises qui sont faites en fin de chapitre avec un lien qui présente, très souvent, la partie suivante – sur lesquels je reviendrai un peu plus loin dans ma présentation. Dans son argumentation, l’auteur part des sociétés primitives qui introduisent la cosmogonie et permettent de comprendre le passage du Chaos à la création de toute chose, y compris des cultes polythéistes, avant même la naissance du temps et de l’histoire, ces derniers permettant de remémorer ces étapes primordiales. D’un point de vue spatial et temporel, on peut dire que les migrations depuis l’apparition de la vie humaine ont permis le mélange de populations et, par voie de conséquence, de leurs cultures et patrimoines. Les sociétés primitives connaissent toutes un stade oral, généralement préalable à l’écrit, puisque la fonction langagière est associée par excellence au genre humain. Il est à noter aussi un rapprochement entre les mythes et les religions, notamment dans les cas méditerranéen et indien. Ainsi, le monde primitif était peuplé de divinités et de semi-divinités, dont certaines ont été chassées à un moment donné du paradis ou ont choisi de s’exiler parmi les humains. La naissance de bien des peuples est également rattachée, par son fondateur, son chef, ou son roi, à cette ascendance divine ou semi-divine, dans le but de valider leur autorité et le bien-fondé de leurs décisions. Les humains, quant à eux, devenus souvent les instruments des rivalités entre dieux et déesses primordiales, ont voué aux divinités des cultes afin d’éviter leur colère ou de les mettre dans de bonnes dispositions vis-à-vis d’eux. À ce propos, Mircea Eliade insiste sur le fait que, pour pouvoir envisager toutes les facettes des mythes, il convient de revenir à leurs origines, sans se cantonner aux mythes plus récents de la Grèce, de l’Égypte ou de Rome qui ont perdu, déjà, le contact avec la réalité des êtres surnaturels et ont remanié certaines créations mythologiques. Je dirais, personnellement, que, pour expliquer l’évolution des mythes, leur survivance et leur dissémination dans le monde contemporain, il est nécessaire d’avoir une vue d’ensemble dans l’espace et le temps. Mircea Eliade précise que le mythe correspond à une histoire sacrée et réelle des commencements. Il fait ainsi la différence entre les « histoires vraies » – qui sont associés à des rites d’initiation, en dehors de la présence des femmes et des enfants. Les « histoires fausses » sont, quant à elles, véhiculées lors des assemblées de toute la communauté. Ceci semble induire déjà une répartition des fonctions et des rôles, avec des critères liés au sexe et à l’âge, qui se retrouvent dans bien des sociétés.

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