AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 244 En montrant la réalité des dieux et des êtres surnaturels, le mythe s’oppose au conte et incite à penser que l’homme primitif serait le résultat d’événements mythologiques surnaturels qu’il convient de réactualiser. Ceci nécessite la connaissance des origines primordiales de la création du mythe et de toute chose qui est utilisée dans divers domaines et particulièrement dans une perspective curative, en Inde, en Chine, mais aussi dans d’autres pays, ainsi qu’en atteste Mircea Eliade. À ce niveau, on peut effectuer un lien avec le folklore et avec certains thèmes du Petit dictionnaire folklorique de Tache Papahagi (« Distribuirea p ă mîntului », « Muntele », « Lupercalia », « Cu ţ itul » etc.). La guérison, par exemple, s’effectue par un retour aux origines du monde et en se réappropriant les énergies vitales qui ont conduit à cette création. Ces remémorations symboliques célébrées sous bien des formes (y compris, dans l’art rupestre et le folklore) font, dans un premier temps, référence à l’origine du monde puis, de manière de plus en plus régulière, on en arrive à célébrer certains événements par intervalles (ce qui fait émerger la prise de conscience du Temps), de façon à rehausser un peuple et son chef. Le renouvellement cosmique renvoie à l’Éden, qui était synonyme de perfection. Le rythme choisi par Mircea Eliade, avec une alternance de phrases courtes et longues contribue à cette harmonie et à cette recherche du renouveau. Chaque nouveau cycle est associé à différents cataclysmes provoqués par les esprits divins pour parvenir à une « purification » et un renouvellement et est mis en avant par divers mouvements prophétiques au cours des siècles. Certains peuples, tels que l’Inde, insistent sur le recommencement et introduisent la croyance en une réincarnation en une autre entité vivante. Ce point, également soulevé par d’autres auteurs tels que M. Eminescu, laisse la porte à de nombreuses interrogations sur l’avenir du corps, de l’esprit et de l’âme à l’issue de la vie terrestre, sur sa possible régénération ou sur le rôle de la pierre philosophale. L’homme subit cette recréation cyclique et les dieux eux-mêmes sont les « instruments » de l’énergie cosmique. Les cultes monothéistes, en général, reconnaissent la fin du monde et un nouveau paradis unique, mais la conception judéo-chrétienne introduit également l’idée du jugement dernier et la seconde venue du Messie, avec, dans certains cas, le purgatoire. Le millénarisme des « primitifs », (et dont l’on retrouve des traces dans des mouvements plus « sectaires ») considère même que le Paradis sera restauré sur Terre après un grand bouleversement. Cette destruction annoncée du monde va avoir des prolongements dans les arts, la musique et la littérature, par une rupture et par l’éclosion de mouvements illustrant cette rébellion face à un monde « absurde » ou à un passé que l’on considère obsolète ou inadapté au monde actuel. Néanmoins, cette scission n’est souvent pas aussi claire qu’il n’y paraît, dans le temps comme dans
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