AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 246 le biais de la Mémoire, de l’Oubli (mort spirituelle ou physique) et de la Remémoration. À noter également l’impact de la dénégation de la réalité dans le développement des mythes, par la volonté de dénommer par d’autres êtres des essences qui nous dépassent, ou que l’on ne connaît plus ou mal, mais dont l’on ressent la présence et que l’on ne peut exprimer clairement sous peine de préjudice ou de sanction. Ce déni, dans bien des cas si ce n’est dans la totalité, ne résiste pas à l’épreuve du temps, puisqu’il reste toujours des traces de l’existence première des choses, pour qui sait les voir et dépasser les choses « visibles » pour aller vers « l’invisible ». Cette connaissance des faits perdure dans l’inconscient et il peut être nécessaire de revitaliser par certaines techniques plus ou moins savantes et spécifiques à la psychanalyse, par exemple. De manière générale, elle subsiste également dans la conscience populaire et dans les peuples par le biais de la Mémoire (Mnémosyne). Et le poète, bercé par sa Muse, accède lui-même à la réalité originelle et à l’origine du monde, c’est-à-dire à la « mémoire primordiale », par ses connaissances latentes et en laissant libre cours à sa créativité qui libère cet inconscient. Il apparaît donc que le philosophe et le psychanalyste se sont penchés sur les sources de la Mémoire et de la connaissance et que, de ce point de vue, ils peuvent être rapprochés. Le sommeil et la mort sont, quant à eux, les représentations symboliques de la chute de l’âme et de sa perdition, dans l’attente d’un retour à la vie ou d’une revitalisation dans une autre enveloppe, suivant les croyances, qu’il convient de restaurer par l’ascèse, l’oubli de soi, l’acceptation et la connaissance de l’origine première du mythe de toute chose. Mircea Eliade introduit, au fur et à mesure de la distanciation des divinités anciennes par rapport aux choses mortelles, un nouveau degré dans son raisonnement : la dimension historique. Celle-ci sera mise en évidence par les Grecs et les Romains, dans leurs épopées et histoires qui mettront en scène ces divinités « inférieures » et plus proches, par certains traits, des humains. L’historiographie illustrait néanmoins le processus de l’éternel devenir de la nation, par une connaissance du passé humain volontairement glorieux, avec d’anciens rois divinisés et des comportements de certains hauts personnages, de façon à leur donner un rayonnement ou une aura sur un peuple ou une région. C’est à ce niveau qu’on peut faire une analogie entre le « microcosme » et le « macrocosme » mythologique car, même si, à compter de la Renaissance, l’emprise du temps est de plus en plus forte, l’importance de la remémoration du passé subsiste, celle-ci renvoyant à l’image quelque peu idéalisée du paradis que chacun, à son niveau, aspire à retrouver. Néanmoins, cette vision est quelque peu dénaturée car, les divinités primitives s’en étant allées, le lien avec celles-ci s’est également distendu et modifié, voire altéré. Toutefois, il

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