AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 247 n’en demeure pas moins qu’il a subsisté partiellement, ce qui a permis, au fil du temps, par des questionnements de plus en plus précis sur l’origine et le devenir de l’homme, une réappropriation des mythes et une volonté de révélation consciente d’un autre monde. Celles-ci étaient nécessaires à la réintégration de l’homme dans son univers et, ce faisant, à la construction d’une nouvelle réalité qui assume son passé ou, tout au moins, l’image qu’il renvoie et qui lui donne les moyens de trouver certaines des clefs qui mènent à la connaissance, ce qui s’avère être un cheminement ou une quête de tous les instants. On assiste à la répétition d’un même geste archétypal, la création, qui permet, de manière consciente ou inconsciente, de commémorer celle-ci. Plus spécifiquement, chaque peuple a son histoire qui est unique et se nourrit, comme je le disais précédemment, de son évolution, de son vécu et des liens qu’il a établis avec d’autres. Si l’on se restreint encore davantage, en considérant l’homme, en tant qu’individu, on peut considérer que celui- ci devient son propre créateur en réalisant ses propres expériences et en reproduisant ou non ses erreurs passées, ce qui introduit aussi la notion de choix, de destinée ou de (pré-) destination, et de responsabilité. En se référant au mythe, l’homme prend conscience également des modèles qui sous-tendent l’origine et le fondement des choses, en leur donnant une justification et une raison d’être dont il peut avoir besoin, d’un point de vue vital ou accessoire, pour avancer et créer sa propre histoire. Les ethnologues et folkloristes témoignent, quant à eux, de la circulation des mythes qui se renouvellent et se régénèrent mais subsistent, ce qui n’entraîne pas une nouvelle création mythologique. Si l’on examine le Petit dictionnaire folklorique de Tache Papahagi, la dimension des mythes, régionale, nationale ou internationale, à travers les époques, corrobore la permanence de ceux-ci et de leur adaptation aux réalités locales et à l’environnement, climatique, naturel etc. L’homme en quête de spiritualité est appelé à se transcender et à retourner aux sources du savoir, par l’entremise des « prophètes » et des « maîtres » ; tandis que le rationalisme rejette l’immortalité des dieux et souligne l’improbabilité de certains faits mythologiques. L’origine du monde et des mythes peut aussi être envisagée, dans une perspective non « religieuse », cosmogonique, qui prend en compte la prise de conscience de la nature et de l’univers par l’homme. Dans sa confrontation avec la mort, qui constitue un moment éphémère par rapport à l’éternité, l’homme peut soit nier la divinité, soit entamer un nouveau cheminement « spirituel » qui le rapproche de son origine primitive et l’aide à réaliser l’osmose entre la nature dont il est issu et l’âme qui lui accorde sa spécificité. Cette dernière, suivant les « croyances », est appelée, en s’associant à la « poussière » à

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=