AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 248 reprendre vie avec la chair, peut se revitaliser distinctement, ou se renouveler et intégrer une entité ou forme différente de la précédente, ce qui conduit à l’animisme et à la réincarnation. Les documents écrits et la tradition orale témoignent, nous le voyons, de secrets initiatiques qui survivent par la superposition de rites païens, hérités des temps primitifs, dans les populations rurales (notamment christianisées) et citadines, par d’autres aspects (proverbes et dictons). Même si bon nombre de textes ont été perdus, les comparaisons entre ceux qui circulent de par le monde et la prise en compte des données orales contribuent à corroborer certaines réalités anciennes. Les questionnements relatifs à des faits contradictoires relatés dans les Évangiles, par exemple, qui, tous, attestent de la réalité de l’existence historique du Christ illustrent, quant à eux, les différentes positions, issues du cartésianisme et de la croyance, qui ne vont pas l’un sans l’autre et s’enrichissent mutuellement. Le drame de Jésus-Christ, quant à lui, comme les représentants des autres religions, témoigne de cette imitation du modèle suprême du commencement et du salut de l’âme par la connaissance, qui dépasse la mort et donne l’espoir en une autre vie. Encore de nos jours, et dans bien des sociétés, il se produit une réactualisation des mythes sous d’autres formes par la volonté nécessaire à l’être humain d’expliquer son existence et de donner un sens aux différents bouleversements qui l’entourent, en recourant à un passé mythique et surnaturel, ancré dans une époque d’harmonie qu’il est appelé à retrouver, du fait d’un éternel recommencement, dans la littérature, les arts et toutes les formes d’expression de sa pensée. Cette vision des mythes, universelle, permet d’établir un parallèle avec la linguistique qui doit être prise en compte, dans sa globalité, si l’on veut avoir une vue réelle et objective de la langue. En effet, il semble que le cheminement, pour ces deux notions, parte d’une conception générale, aux contours non limitées, pour aboutir, au fur et à mesure, avec l’introduction de l’espace – représenté par les continents, et les regroupements territoriaux, ainsi que leurs subdivisions – et le temps – introduit a posteriori pour reproduire, en commémoration, des faits et les renouveler. L’espace, comme le temps, permet de fragmenter les mythes et la langue, mais c’est l’analyse de chacune des composantes et la comparaison de leurs résultats propres qui confère à ceux-ci leur justification intrinsèque. La répartition du langage sur la terre entre animés et la nécessité pour l’homme d’exprimer sa pensée de manière plus particulière a entraîné l’apparition d’un outil de communication qui lui est propre – la langue – à côté d’autres procédés tels que la gestuelle, ou les non-dits. La communication interhumaine a engendré l’évolution de celle-ci et sa

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=