AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 249 différenciation entre différentes branches suivant les parentés des peuples et leurs rapprochements, qui se sont effectués de manière naturelle ou par la force. Au fur et à mesure que les échanges se sont développés et que les connaissances se sont approfondies, l’homme a éprouvé le besoin de développer ses connaissances, de les organiser et de les transmettre, par le biais d’originaux – conservés ou non –, de traductions et de copies, d’abord manuscrites, puis en un nombre plus important par le biais de l’imprimerie. Ces échanges ont, par ailleurs, entraîné de nouveaux questionnements sur l’homme, son passé et son devenir, qui ont été marqués dans le domaine de la langue par la volonté, à l’aide d’études, d’expliquer ses origines et sa fragmentation, ainsi que l’évolution spécifique des différentes familles et composantes. Le poids de la traduction, de la philologie et de la lexicologie, entre autres, a souvent été mal apprécié à certaines époques pour être repris a posteriori, sans pour autant en entendre toute leur richesse, ce qui a pu entraîner une vision quelque peu partielle de la langue, et de la branche qui s’occupe de son étude, la linguistique. De plus, certaines langues n’ont pas toujours été autant étudiées que d’autres, du fait du nombre de leurs locuteurs ou de leur isolement, ce qui a généré aussi une différenciation, de part et d’autre, dans les données disponibles pour la comparaison. Enfin, je précise que plus récemment certaines langues ou des groupes de langues considérés comme susceptibles de bénéficier d’un moindre public sont publiés plus difficilement. Il en va de même des auteurs et traducteurs – anciens ou plus modernes - qui n’ont pas tous les mêmes possibilités de publications. S’agissant des langues romanes issues de l’indo-européen, on peut noter qu’elle n’a pu avoir lieu que par la répartition ou la fragmentation du latin, dans l’espace et dans le temps, depuis la conquête italique jusqu’à la fin de l’empire – la Dacie constituant la dernière grande conquête de celui-ci avant sa chute. Le latin a ainsi été parlé par des peuples différents – groupes ibéro-roman, rhéto-roman, gallo-roman, dalmate, roumain – qui disposaient auparavant d’une langue autochtone. Ceux-ci ont intégré l’élément latin pour transformer leur langue et donner naissance aux langues romanes que nous connaissons aujourd’hui : espagnol, italien, portugais, provençal, roumain, français, catalan, et qui ont, elles-mêmes des subdivisions (nous précisons que le dernier locuteur dalmate, autre représentant de la branche orientale avec le roumain s’est éteint au début du XX e siècle). C’est la raison pour laquelle chacune de ces langues a des traits spécifiques, du fait de son évolution propre et des contacts qu’elle a eus et auxquels elle a dû s’adapter. Dans le même temps, on remarque certaines tendances pan-romanes qui s’illustrent notamment dans la phonétique, la morphologie, le lexique et la syntaxe et qui témoignent de leur origine commune.

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