AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 250 C’est la raison pour laquelle il m’a semblé intéressant de mettre en avant, dans cette présentation certaines caractéristiques de la langue française utilisée par un auteur d’origine roumaine, en les replaçant bien évidemment dans le contexte général d’une œuvre qui, en elle-même renvoie à l’espace et au temps, à l’universalité et à l’infini remémoré. En effet, les différentes réflexions de Mircea Eliade, sur les mythes primitifs, très riches en enseignements spirituels et en comparaisons, nous conduisent à nous interroger sur certains choix de langue réalisés par l’auteur pour présenter son raisonnement scientifique et la mise en contexte. Mircea Eliade indique d’emblée que le livre, paru directement en français, mais révisé par le docteur Jean Goulard, est destiné à un public large, cultivé et qu’il se base sur des observations faites antérieurement. On peut noter d’emblée que l’ouvrage est parsemé de multiples références à certains de ses livres qui traitent de thèmes connexes ( Le mythe de l’éternel retour, Le sacré et le profane , Mythes, rêves et mystères , en particulier). De plus, l’auteur n’hésite pas à définir minutieusement les concepts qu’il présente par des références étymologiques et par des renvois aux différentes théories (dans le corps et dans les appendices), ce qui introduit, de fait, des références spatio-temporelles. Une chose intéressante pour moi, également, est le fait que l’auteur introduise une allusion à son Traité des religions et aux Journal des Indes . En effet, un autre ouvrage, très important de mon point de vue, Taina Indiei, publié post-mortem, regroupe une série de conférences inédites qu’il a présentées à la Radio sur certains thèmes connexes. Cet ouvrage, rédigé en roumain, dans une langue soutenue, a été traduit intégralement en français sous la direction de V. Rusu, par le Séminaire de traduction « Mihai Eminescu » de l’Université de Provence. L’ouvrage Aspects du mythe témoigne de certaines analogies, dans son approche de la langue, avec Taina Indiei , par notamment l’utilisation de bon nombre de termes d’origine indienne dans le corps qui se trouvent en italique ainsi que par une distanciation vis-à-vis des choses qui alternent avec une prise à témoin du lecteur (tantôt « on », tantôt « tu »). Le niveau de langue dans ces deux ouvrages se distingue du Journal des Indes , que l’auteur qualifie lui-même de « roman indirect », sous-entendant sans doute une volonté de prendre du recul par rapport aux événements retranscrits dans le texte et dans lesquels il dit ne pas se reconnaître pour certains. Ce choix d’un registre de langue différent suivant les ouvrages témoigne également de la volonté de cibler le public, en fonction du message que l’auteur souhaite transmettre. Si nous en revenons au livre qui nous occupe Aspects du mythe , rédigé en langue française, mais révisé par un Français, il subsiste une difficulté à dire, dans certains cas, si certaines spécificités récurrentes – notamment

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