AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 252 « Quant à la structure, tous ces mythes sont des mythes d’origine » (138)…] ou une originalité dans le style [« les choses sont venues à l’existence » (26) ; « Il n’est que de penser » (65)…] par rapport à d’autres tournures très littéraires [« ne résolvent point (16)…] ; L’emploi de certains termes, aujourd’hui connotés, peut aussi être souligné [« Indigènes » (16)…] tout comme celle de structures moins littéraires [« disons que… » (71)…]. Un point essentiel à souligner et qui concourt, nous semble-t-il, à la signature littéraire de Mircea Eliade est l’emploi de termes autochtones indiens [« upanayama » (104) ; « yoga » (167) ; « t’ai-si » (107) ; « ujâna sâdhana » (112), « Le soi ( purusha ) » (167)…], d’autres peuples « dema » (133), ou issus du latin [« renovatio » (60) ; « conflagratio » (86) ; « diluvium » (86) ; « homo religiosus » ; « ab origine » (119) ; « in illo tempore » (143), « deus otiosus » (121) ; « gesta » (141) ; « regressus » (142) ; « imago mundi » (176)…], de l’italien [« Ritornar ai principii de Machiavel » (69)…], de l’espagnol [« Négritos » (78)…] ou du grec [« logos » (12) ; « historia, mythos » (12) ; « anamnésis » (146) ; « allegoria » (192)…] pour démontrer son raisonnement. L’emploi d’anglicismes [« cargo cults » (12) ; « medicine men » (183) ; « happy end » (246) ; « natives » (38)…] met aussi en évidence, d’une part, le contexte indien dans lequel se trouvait l’auteur quand il rédigeait son ouvrage et, d’autre part, sa culture multilingue, même s’il perçoit bien que ces termes sont, néanmoins, des néologismes non adaptés à la langue française. Ceci renvoie à la capacité ou à la volonté d’une langue et de son peuple de procéder à son enrichissement, suivant les nécessités, l’apport de nouvelles connaissances ou les phénomènes de mode. L’utilisation de ces termes qui renvoient à des champs sémantiques spécifiques et à un contexte différent ou plus lointain de celui auquel le locuteur francophone a accès régulièrement, contribue à produire cet effet de « rupture » ou de « dépaysement » nécessaires à la réflexion autour de ces problèmes métaphysiques. L’emploi de termes ou de constructions moins usités aujourd’hui, peut, de la même manière, résulter d’un choix de « remémorer », volontairement ou inconsciemment, l’origine linguistique de l’auteur, à une époque spécifique, la Roumanie – après la Dacie - se trouvant aux croisées des chemins des influences et cultures, orientales et occidentales, et témoignant de ce passé, de ce présent et de cet avenir. Une autre chose qui participe à cette atmosphère bilingue est la référence explicite à « Ionesco » (96), ce qui témoigne, d’une part, de l’importance de ce compatriote (de mère française) d’un point de vue littéraire et culturel et, d’autre part, de sa véritable immersion dans l’espace linguistique français puisqu’il emploie la forme française consacrée de son patronyme (Ionesco).
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