AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 260 Le transcodage des localisations temporelles peut se faire à partir de nombreux procédés linguistiques, « mis en œuvre pour exprimer les différentes nuances de la localisation temporelle » et « classifiés d’après trois dimensions essentielles » (Cristea 1977, 191) : a) le point de référence (perspective centrique ou temps du locuteur : moi-ici-maintenant /vs/perspective allocentrique ou discours rapporté ; cette opposition a été désignée aussi par les termes énoncé/récit ; b) la position par rapport au point de référence (coïncidence ou non coïncidence avec le point de repère ; moment ou durée) ; c) l’orientation (limite initiale/finale ; itinératif temporel, visée). D’autre part, on y remarque le rôle et l’importance de ce que l’on a nommé champ lexical. On a généralement identifié le champ sémantique au champ lexical . Un champ lexical est - pour E. Coseriu – une structure paradigmatique constituée par des unités lexicales se partageant une zone de signification commune et se trouvant en opposition immédiate les unes avec les autres. (Tu ţ escu 1978, 112) Une variante d’un pareil champ lexical serait donc constituée d’un paradigme lexical entre les éléments duquel on a le choix à un point donné du discours. Ainsi, dans la case libre des phrases : J’ai été à Paris pendant deux… He estado en Paris dos…, le choix à opérer renferme la série paradigmatique : secondes, minutes, heures, jours, semaines, mois, ans / segundos, minutos horas, días, semanas, meses, años , dont les éléments seront situés sur un point de l’axe de représentation temporelle, tandis que des monèmes tels « arbres », « crayons », « cinémas », « élèves », en sont exclus. (Cf. Tu ţ escu 1978, 112) Les linguistes parlent aussi de synonymie en tant que phénomène componentiel. À cet égard, Mariana Tu ţ escu établit un type central de synonymie, qu’elle appelle synonymie componentielle et qui serait « une équivalence de sens de deux ou plusieurs lexies basée sur des noyaux sémiques communs ou une formule componentielle équivalente. Ce type renferme aussi bien des synonymes stylistiques (synonymes qui diffèrent par leur usage dans différents registres de langue : littéraire, scientifique, familier, populaire, argotique ou par leur expressivité), synonymes qui peuvent être syntactico-phraséologiques , fonctionnels, expressifs – ceux-ci se laissent repartir en descriptifs : évocateurs ou métaphoriques, et affectifs : affectueux ou dénigrants – que les synonymes sémantiques (distincts par l’intensité de leur noyau sémique). » (Tu ţ escu 1978, 143)
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