AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 265 4. L’idée de temps dans les expressions figées (idiomatiques et métaphoriques) et leur composante culturelle On exprime parfois l’idée de temps par des phraséologismes 5 ou des expressions ayant à la base des métaphores conceptuelles, des schémas abstraits qui permettent le groupement des expressions métaphoriques. Dans ces cas, pour montrer les possibilités de transcodage, il s’agit de décrire le comportement idiosyncrasique de ces structures. Ainsi, pour lexicaliser la notion de « arriver trop tard », on utilise en français les expressions arriver au Magnificat ou arriver avec les pompiers de Nanterre , comparables en espagnol à ¡A buenas horas mangas verdes! , expression idiomatique par laquelle on reproche l’arrivée tardive d’une personne ou d’une chose nécessaire et sollicitée auparavant : (15) arriver au Magnificat ; arriver avec les pompiers de Nanterre (Gorunescu, 25) (15’) ¿Y traes ahora la documentación de las becas, una vez que ya ha pasado el plazo? ¡A buenas horas mangas verdes! (Pisot et alii 2002, 257) Très importante pour les expressions idiomatiques a été, depuis les années 1980, la théorie de Lakoff et Johnson sur la métaphore. Ces auteurs ont abordé le signifié en considérant les capacités biologiques et les expériences physiques ou sociales et ont souligné la fonction de la métaphore dans les processus cognitifs en tant que recours qui facilite la conceptualisation, la structuration du signifié, à travers la projection d’un concept sur un autre, comme facteur actif dans notre compréhension du monde. Les linguistes ont bien raison d’affirmer que notre orientation dans l’espace, la situation des objets dans le monde physique, le mouvement, le temps, etc. sont des sources de métaphores : « a partir de lo más cercano, experiencial , se explicaría lo más lejano. Así por ejemplo, realidades abstractas se comprenden mediante la metáfora en términos de realidades concretas, 5 « La Lexicogénie part de l’hypothèse que les langues, en dépit des différences dans la lexicalisation, partagent un noyau de concepts de base qui peuvent révéler des processus rencontrés dès l’origine du lexique, parce que, d’une certaine manière, ceux-ci se répéteraient dans l’actualité, tout en existant des constantes dans l’évolution. La coïncidence d’une série de conditions objectives et subjectives favoriserait la création des premiers signes, les signes originaires. Des exemples de constantes de ce type : la somatogenèse (création du lexique en partant des dénominations des parties du corps), ou le développement des dictionnaires en corrélation avec les avancements culturels et technologiques. L’une des constantes les plus importantes c’est que la langue comporte des mécanismes pour créer des signes à partir d’autres signes. La métaphore est, dans ce sens, fondamentale, et sa relation avec la phraséologie est, d’autre part, un élément définitoire. » (Iñesta Mena; Pamies Bertran 2002, 58) (notre traduction)
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