AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 275 est par contre fréquent. Il n’est pas possible de reconstruire le vers, mais il semble probable que le dernier mot était une forme du verbe faire . – L’éditeur Frederick Whitehead ne corrige rien dans ce passage 9 . Segre agit de même – quoiqu’il soit clair qu’il considère la conjecture au vers 3845 comme correcte. Les éditeurs Thomas Atkinson Jenkins et Ian Short impriment par contre cette correction, puis il donnent une série de conjectures 10 . Bédier ajoute un dernier exemple tiré de la Chanson de Roland ; il s’agit de la laisse CCLXXX. Cette laisse a une assonance féminine en a , mais le huitième et le neuvième des dix vers sont irréguliers. Voici ce que dit Bédier : – Mais la même association a , an , è , déjà cinq fois attestée, reparaît encore aux vers 3879-81 : Tuz lur escuz i fruissent e esquassent, Lur osbercs rumpent e lur cengles depiecent, Les alves turnent, les seles cheent a tere. .C. mil humes i plurent, kis esguardent. (276) Il n’y pas de « an » ici. Et nous ne voyons pas très bien comment Bédier arrive au chiffre « cinq ». Mais il est d’autre part clair, ici aussi, qu’il a raison de caractériser les diverses corrections proposées comme arbitraires (voir l’édition de Segre pour une liste des plus importantes suggestions). Mais encore une fois : l’essentiel n’est pas tant la plausibilité de ces conjectures, c’est le fait qu’un des deux vers qui a une assonance problématique est irrégulier aussi métriquement . – Ni Whitehead ni Segre ne corrigent rien ici, tandis que Jenkins et Short acceptent les mêmes corrections 11 . Ayant traité le phénomène dans la Chanson de Roland , Bédier se tourne, cette fois aussi, vers la Chanson de Guillaume : Voici que la Chanson de Guillaume présente, elle aussi, des strophes où a assone avec è : compaigne faire terre barbe (v. 474-7), – darz halberc fer … mais (v. 876-81), – blame estre (v. 2121-2), – deserrent desmaillent (v. 2166-7), – fait paleis après boisnard tuast (v. 2805-9), – pesme obliastes (v. 3465-6) 12 , […]. (276) 9 Sauf qu’il écrit « rec[re]rrai » au vers 3848 . 10 Jenkins : Pleges demant de·l fait ; plevissent Pinabel ; Jo·l vos recreit e lais ; tresque li dreiz seit faiz . Short : Bons pleges en avrai ; l’i plevissent a plait ; pas de correction au vers 3848 ; tresqu’en ert li drez faiz. 11 e lor cengles departent ; chadeites sont les alves . 12 Bédier ne dit pas à quelle édition il se réfère. Il s’agit sans doute de celle de George Dunn (« tirée à deux cents exemplaires » en 1903 selon McMillan XXIII). – « v. 474-7 » sont les vv. 475-78 de l’éd. Taylor et les vv. 474-47 de l’éd. McMillan. « v. 876-81 » sont les vv. 878- 83 de l’éd. Taylor et les vv. 877-82 de l’éd. McMillan. « v. 2121-2 » sont les vv. 2124-25 de

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