AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 278 réalité fondée non pas tant sur l’analogie avec le vers 1831 du manuscrit que directement avec sa propre version revue de ce vers ; au vers 2128 elle écrit : E lur halbercs desrumpent e desclavelent . Il est évident qu’elle aurait dû écrire rumpent , non pas desrumpent . 5 o La strophe CLXI constitue une laisse avec assonance masculine en a(i) . Le vers 2808 est le seul à être problématique : « A sun tinel Reneward vait aprés ». Ni Rechnitz ni Suchier n’ont traité cette partie du texte. Tyler propose Reneward apres vait ; Wathelet-Willem préfère vait apres Rainoarz . Les deux solutions sont bonnes, mais celle de Tyler nous semble la meilleure et la moins « coûteuse ». 6 o La strophe CLXXXVI constitue une laisse avec assonance féminine en e ouvert. Mais on lit le passage suivant : « Ore vus pardoins la felonie pesme Del manger dunt vus me obliastes » (vv. 3466-67) 21 . – Ni Rechnitz ni Suchier n’ont traité cette partie du texte. Tyler propose Del manger dunt m’ad oblié Willame . Wathelet-Willem écrit De cel mangier dunt m’oblïad Guillelmes . Il est clair que le point commun essentiel des deux corrections est justifié : les deux vers que nous venons de citer font partie d’une réplique par laquelle Rainouart répond à Guibourc. Et ce n’est pas elle, mais Guillaume que Renouard accuse de ne pas l’avoir invité au dîner dont il s’agit (cf. vv. 3361-62), il n’est pas en colère envers Guibourc (cf. vv. 3373- 79 et 3459-65). On voit que les conjectures ne corrigent pas seulement l’assonance et le caractère hypométrique du vers (encore une fois), elles ont aussi l’avantage d’être préférables d’un point de vue sémantique. Il est d’ailleurs clair que c’est la version de Wathelet-Willem qu’il faut préférer, car celle de Tyler met la césure directement après le pronom qui introduit la subordonnée relative, ce qui n’est pas acceptable. Après la Chanson de Guillaume , Bédier (276) se tourne vers la Prise de Cordres et de Sebille . Il cite un passage de la laisse XXXII qui a généralement une assonance en ai / e ouvert, mais où on lit aussi « Si a veü . M . chevaliers as armes » (v. 1254). – Nous pensons qu’il est probable que la phrase as helmes a été remplacée par la phrase fréquente as armes 22 . On vient de voir que la proximité du même mot à la fin d’un autre vers n’est pas un argument décisif contre une telle hypothèse. Et il faut noter que cet emploi de helmes aussi est fréquent dans les chansons de geste. Un autre vers de la Prise de Cordres et de Sebille est « .X m . furent as haubers et aus 21 Pour Bédier (comme pour Tyler) il s’agit des vers 3468-69. 22 La fréquence de cet emploi de armes dans les chansons de geste est si évidente que nous pensons pouvoir nous contenter de trois exemples : « Por coi moront tant chevalier a armes » ( le Couronnement de Louis , rédaction C, v. 2254-56) ; « Et avec lui .c. chevaliers a armes » ( les Enfances Vivien , v. 1395, variante du groupe b) ; « Plus de .xx. m de chevaliers a armes » ( Gerbert de Metz , ms. 2983 de la Bibliothèque de l’Arsenal, éd. Taylor, v. 2577).

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