AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 281 fréquente dans l’ancienne littérature française 37 . C’est clairement une expression qu’un scribe négligent a pu substituer à une autre. Et il n’est pas très difficile d’imaginer quelle a pu être l’expression substituée, il y a une possibilité qui saute aux yeux. Car les armes sont très fréquemment beles dans les chansons de geste et ailleurs dans l’ancienne littérature française 38 . Les locutions prises ses armes et armes beles sont toutes les deux extrêmement conventionnelles. C’est pourquoi nous pensons qu’on peut envisager de corriger, au vers 1571, « Rois Desramés en a prises ses armes » en Rois Desramés en prist ses armes beles . – Quant à l’assonance du vers 1573, elle n’est pas vraiment problématique. C’est uniquement le manuscrit auquel se réfère Bédier qui a cette version, tous les autres ont « s’est armez lez un tertre » ou « s’arma delez un tertre ». – On peut noter, d’autre part, que Bédier eût pu citer aussi un autre passage de la Chevalerie Vivien . La laisse XXVIII a une assonance féminine en e ouvert, mais on lit aussi : « Et .m. i jöent as esches et as tables » (v. 969 39 ). La juxtaposition de eschés et de tables qu’on a ici est extrêmement fréquente – si fréquente, en effet, que nous jugeons inutile de donner des 37 Voici quelques exemples : Benoît de Sainte-Maure, Chronique des ducs des Normandie , v. 43 564 ; Gerbert de Montreuil, la Continuation de « Perceval » , v. 11 877 ; l’Âtre périlleux , éd. Woledge, v. 2761 (= le même vers dans l’éd. Schirmer) ; Renaut de Montauban , v. 11 995 (de l’ éd Castets du ms. 24 387 du f. fr. de la B.n.F.; ni l’éd. Verlest ni l’éd. Thomas – fondées sur d’autres manuscrits – ne contiennent ce vers ; il est le v. 6 de la p. 316 de l’éd. Michelant du ms. B.n.F., f. fr. 24 387) ; Alexandre de Paris, le Roman d’Alexandre , branche III, v. 4149 ; la Chanson d’Antioche , éd. Duparc-Quioc, « 12 couplets », v. 58 (= éd. Nelson, Appendice VIII, v. 57) ; Jean Bodel, la Chanson des Saisnes , rédaction LT, v. 2857 (cf. rédaction AR, v. 3144) ; Aiol , éd. Foerster, v. 2743 (= éd. Normand et Raynaud, v. 2742) ; op. cit. , éd. Foerster, v. 6078 (= éd. Normand et Raynaud, v. 6077) ; op. cit. , éd. Foerster, v. 6763 (= éd. Normand et Raynaud, v. 6762). 38 Voici quelques exemples : Chrétien de Troyes, li Contes del graal , éd. Busby, v. 873 (= le même vers dans l’éd. Hilka) ; Girart d’Amiens, Escanor , v. 8175 ; Robert le Diable , v. 4039 ; Claris et Laris , v. 4522 ; Benoît de Sainte-Maure, Chronique des ducs de Normandie , v. 1647 ; Elie de Saint Gille , v. 1833 (des deux éditions) ; Benoît de Sainte-Maure, le Roman de Troie , v. 7444 ; Chrétien de Troyes, li Livres del chevalier de la charrete , v. 3495 ; la Première continuation du « Conte del graal » de Chrétien de Troyes , rédaction mixte, v. 654 (cf. la rédaction brève, ms. L, v. 620) ; la Mort Aymeri de Narbonne , v. 1667 ; le Couronnement de Louis , rédaction AB, v. 688 (cf. rédaction C, v. 434) ; Raoul de Cambrai , éd. Kay, v. 1919 (= éd. Meyer et Longnon, v. 2098) ; op. cit. , éd Kay, v. 2854 (= éd. Meyer et Longnon, v. 3035) ; op. cit. , éd Kay, v. 2856 (= éd. Meyer et Longnon, v. 3036) ; op. cit. , éd Kay, v. 3755 (= éd. Meyer et Longnon, v. 3935) ; op. cit. , éd Kay, v. 5472 (= éd. Meyer et Longnon, v. 5654) ; op. cit. , éd Kay, v. 5512 (= éd. Meyer et Longnon, v. 5694) ; Girart d’Amiens, Escanor , v. 5001 ; Aiol , éd. Foerster v. 5351 (= éd. Normand et Raynaud, v. 5350) ; Guillaume Guiart, Branche des royaus lignages , t. VIII de la « Collection des Chroniques nationales françaises », v. 11 438. – Partout ici on a ou bien « beles armes » ou bien « armes beles ». Mais on peut citer aussi deux vers du ms. d’Oxford de la Chanson de Roland : « Armes unt beles e bons cevals curanz » (éd. Bédier, v. 3047) ; « Chevals unt bons e les armes mult beles » (éd. Bédier, v. 3064). 39 Éd. McMillan, texte de D = éd Terracher, texte critique, v. 1020.

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