AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 282 exemples. Il suffit de consulter les articles « jöer », « eschec » et « table » dans le dictionnaire de Tobler, Lommatzsch et alii . Et on peut évidemment chercher une solution aussi pour ce vers : Et .m. i joent au jeu de la palestre ou Et .m. i joent au jeu de la merele 40 . Une autre possibilité est évidemment que la Vorlage , pour ce qui est pour nous les vers 969-70, avait simplement le dernier de ces vers : « Et .m. i jöent as pelotes inelles. » Un scribe a lu et copié le premier hémistiche, puis il a ajouté « automatiquement » la référence as esches et as tables ; ensuite, remarquant son erreur, il a copié le vers de la Vorlage à nouveau, mais cette fois tel quel . La conjecture suppose en tout cas un scribe qui a lu jusqu’à joent et qui a terminé le vers avec une expression qui suit très souvent le verbe joer dans des contextes semblables. – Mais comme pour ce qui concerne les vers 625 et 1571, cette solution est entièrement hypothétique. Les vers 625, 969 et 1571 de la Chevalerie Vivien constituent des arguments en principe sérieux pour la théorie de Bédier. Nous allons y revenir vers la fin de cet article. Après la Chevalerie Vivien , Bédier (277) passe au Charroi de Nîmes ; il cite le passage suivant, toujours d’après le manuscrit B.n.F., f.fr . 1448 (f. 97v o ) 41 : Tant chevalchierent qu’il vindrent a Bremarle , Une cité qui siet desor une aive Et a dis liues près de Ninmes la large , E en cele aive prenoient il la piere Dont les grans tors de Nimes furent faites… Tant chevalchent qu’il trovarent les maistres ; Or lor demandent : « Qués avoirs faites traire ? – Or, ciglagons e bones pels de martre , Copes d’or fin et bons hanas de mazre Et bouquerans et vermaille escarlaite Et vif argent et pitre et canele. » Dient paien : « Marchant, moult estes sage. » Ici, il faut commencer par dire non seulement qu’on voit mal pourquoi Bédier met en italiques le dernier mot de certains de ces vers – son système sur ce point nous semble confus –, mais aussi que le mélange à l’assonance de mots comme traire et martre n’a rien de remarquable : chacun admet que a assonance régulièrement avec ai . Il n’y a en réalité que le vers qui se termine par piere et le vers qui se termine par canele qui font problème. Puis, il faut noter que le problème ne concerne qu’un seul des manuscrits de la chanson, et que ce manuscrit est le (seul) représentant d’une version « où 40 Nous faisons grâce au lecteur des longs raisonnements par lesquels nous avons, dans une première version de ce travail, cherché à prouver la plausibilité de ces conjectures. 41 C’est le ms. D de l’édition de McMillan. Cf. la laisse XLII de cette édition, faite d’après les manuscrits du groupe AB.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=