AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 288 changement pourrait s’expliquer par une sorte d’automatisme : gent averse est extrêmement fréquent 66 et même pute gent averse est très fréquent. Dans la Prise d’Orange elle-même on l’a au vers 1182 de la rédaction AB 67 . Voici le dernier argument que Bédier évoque pour défendre sa thèse à propos de l’assonance qui nous intéresse ici : « De même, les manuscrits A 1 , A 2 , B 1 , B 2 du Charroi de Nîmes s’accordent pour faire assoner au v. 1064 teste avec rivage et avec trere . » (278) – Bédier se réfère sans doute ici à l’édition de Jonckbloet, cette édition à teste à la fin du vers 1047, rivage à la fin du vers 1048 et trère à la fin du vers 1051. C’est par incurie que Bédier dit « au v. 1064 » : dans l’édition de Jonckbloet on lit « traire » à la fin de ce vers 68 . Pour comprendre de quoi il s’agit, mieux vaut citer un passage un peu long. Nous citons la rédaction AB à partir du début de la laisse XLI (rappelons que le manuscrit de base est A 1 ) : Li cuens Guillelmes vesti une gonnele De tel burel conme il ot en la terre, Et en ses chanbes unes granz chauces perses, Sollers de buef qui la chauce li serrent ; Ceint un baudré un borjois de la terre, Prent un coutel et gaïne molt bele, Et chevaucha une jument molt foible ; Dos viez estriers ot pendu a sa sele ; Si esperon ne furent pas novele, Trente anz avoit que il porent bien estre ; Un chapel ot de bonet en sa teste. Delez Gardon, contreval le rivage, Iluec lessierent dos mil homes a armes De la mesniee Guillelme Fierebrace. 66 Nous citons quelques exemples pris au hasard : Aiol , éd. Foerster, v. 5356 (= éd. Normand et Raynaud, v. 5355) ; op. cit. , éd. Foerster, v. 10 624 (= éd. Normand et Raynaud, v. 10 622) ; op. cit. , éd Foerster, v. 10 829 (= éd. Normand et Raynaud, v. 10 827) ; Aliscans , éd. Wienbeck, Hartnacke et Rasch, leçon du ms. a =le ms. B.n.F., Arsenal, v. 618 (= le même vers dans l’éd. Guessard et Courde, fondée sur ce même manuscrit ; ce vers ne se trouve pas dans l’éd. Régnier, fondée sur un autre manuscrit) ; la Chanson de Roland , ms. d’Oxford, éd. Bédier, v. 2630; op. cit. , ms. d’Oxford, éd. Bédier, v. 2922 ; ( op. cit. , ms. d’Oxford, éd. Bédier v. 3295 ; Chrétien de Troyes, li Contes d’Erec le fill Lac , leçon du ms. V, v. 798 ; loc. cit. , leçon du ms A ; la Chevalerie Vivien , éd. McMillan, texte de référence, v. 1847 = éd. Terracher, texte critique, v. 1885) ; la Chanson de Jérusalem , v. 7521 ; op. cit. , v. 8263 ; op. cit. , v. 8268 ; op. cit. , v. 8282 ; op. cit. , v. 8326. 67 Voir aussi : la Mort Aymeri de Narbonne , v. 1671 ; De sancto Basilio episcopo et Juliano apostata (un texte français), v. 20 ; le Couronnement de Louis , rédaction D, v. 282 ; les Enfances Guillaume , v. 1167 ; la Chevalerie Vivien , texte de D, éd. McMillan v. 958 (= éd. Terracher, texte critique, v. 1009) ; Elie de Saint Gille , v. 1448 (des deux éditions) ; op. cit. , v. 2333 (des deux éditions) ; le Siège de Barbastre , v. 5556 ; la Chanson d’Antioche , le ms. 12 558 du f. fr. de la B.n.F, éd. Duparc-Quioc, v. 1347 (l’expression qui nous intéresse ne se trouve pas dans l’éd. Nelson, faite d’après un autre manuscrit). 68 C’est le vers 1063 de l’éd. McMillan.
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