AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 289 Toz les vilains firent il en sus trere, Par nul de ceus que novele n’en aille Confet avoir feront des tonneaus trere. (1036-52) Ici le seul problème est le vers 1042 69 ; là il faut préférer la leçon du groupe B : Une jument qu’iert souillie de terre 70 . Pour ce qui concerne le reste, il est clair qu’on a une laisse avec assonance féminine en e ouvert jusqu’au vers 1046 et une laisse avec assonance féminine en a à partir du vers 1047. McMillan nous informe que « La nouvelle laisse [laisse XLII] n’est marquée dans aucun des mss. AB », mais cela ne fait rien à l’affaire. Nous avons déjà rencontré ce phénomène ci-dessus à propos de la « version d » de la Prise d’Orange . Citons aussi le paragraphe par lequel Bédier termine cette partie de son examen des assonances : « On trouvera dans les citations ci-dessus de quoi justifier deux autres assonances contestées de la Chanson de Roland : main : Gabriel (v. 2264), – ventaille : furcele (v. 1293). » (278) – Nous allons examiner d’abord le vers 1293 et puis le vers 2264. Au vers 1293, Whitehead, Segre et Short acceptent la leçon sans commenter. – Jenkins écrit ventele pour ventaille , en faisant remarquer que la « forme ventele est rare, mais cf. Richart le Bel , v. 4694, aussi le Dictionnaire de 1606 par Nicot, s.v. [...] » 71 (59, notre traduction). – La référence au Richard le Beau ne vaut cependant rien. Dans ce texte le mot uentielle est simplement la forme septentrionale de la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif du verbe venteler , « flotter au vent » 72 . – La référence au Thresor de la langve francoyse de Jean Nicot est par contre intéressante, comme on va le voir. – On peut commencer par noter qu’il semble probable qu’on a confondu deux mots : ventaille et ventele . Ce dernier terme est présenté par Godefroy comme un « dérivé de vental , ouverture pratiquée dans la ventellerie, et par extension écluse, vanne » 73 . Godefroy donne plusieurs exemples où on a ventaille pour ventele ( Dictionnaire VIII, 174, b-c) et au XVI e siècle ventaille signifiait à la fois 69 On peut ajouter qu’il faut sans doute donner raison au commentaire de McMillan et à propos du vers 1044 (esperon est toujours masculin) ; il faut donc préférer le groupe B : Si esperon porent d’alesnes estre (B 1 ), Si esperon perent d’alesnes estre (B 2 ) ; si on trouve inacceptable d’avoir le même mot à la fin de deux vers consécutifs, il faut préférer ce groupe aussi au vers suivant : Trente anz avoit que il porent bien naistre (B 1 ), Trente anz avoit qu’il orent eü mestre (B 2 ). Nous préférons B 2 : nous avons le soupçon que avoir mestre est une variante inhabituelle de avoir mestier . 70 Ceci est le vers entier, il est donc une partie du C.O.D. du verbe Prent du vers précédent. 71 Notre traduction. 72 Le glossaire de l’éditeur Holden confirme ceci (226). 73 Dictionnaire VIII 175, a. Tobler, Lommatzsch et alii donnent pour ce mot les graphies « ventaille, ventaile, ventele » et traduisent « Planche d’une écluse, ouverture d’une écluse, écluse » ( Wörterbuch XI, 189, notre traduction).

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