AGAPES FRANCOPHONES 2011
AGAPES FRANCOPHONES 2011 290 « partie du heaume protégeant le bas du visage » et « écluse » 74 . – Mais un argument plus fort pour la théorie de Jenkins est peut-être sa référence au Thresor de Nicot. Voici l’article dont il s’agit : « La Ventaille d’vn heaume d’hommes d’armes. Guy de Vvaruich 75 . Les autres e ſ criuent Ventelle. C’est par où l’homme d’armes prend vent & air. » (655) Si on écrivait ventelle au début du XVII e siècle, on devait avoir une prononciation en [ - Ελ↔] . Cela ne peut guère être le résultat d’une prononciation en [ - α×↔] au moyen âge 76 . – Il semble qu’on peut avoir ventaille pour ventele et vice versa . On a sans doute confondu les deux mots par changement de suffixe. Il n’est pas inutile de rappeler dans ce contexte qu’on trouve dans les chansons de geste des mots qui semblent créés tout exprès, par le moyen de suffixes, pour accommoder l’assonance. L’auteur de notre Istoire d’Ogier le redouté semble avoir créé rochage de cette manière 77 . Au vers 2264 de La chanson de Roland , Whitehead, Segre et Short acceptent la leçon du manuscrit d’Oxford sans commenter, mais Jenkins corrige « E Durendal, s’espee, en l’altre main » en E Durendal en l’altre main estait . Voici l’argumentation qu’il présente : L’assonance douteuse en laltre main parle contre le maintien de la leçon d’O, même si elle est soutenue par V 4 ; le redondant s’espee est aussi douteux. Pour ce qui concerne estait (Lat. STAT ) cf. v. 2465 où le scribe d’O semble l’avoir éliminé comme inconnu (V 4 stait ) ; l’ancienne forme estait est utilisée par Philippe de Thaon, les auteurs de Thèbes et Troie , Marie de France, et par d’autres écrivains de l’Ouest. [Theodor] Müller a proposé [dans son édition] : E Durendal qu’a altre ne la laist. (164, notre traduction) L’argument que Jenkins tire de la référence au vers 2465 ne nous semble pas convaincant : il n’y a tout simplement pas de problème véritable avec ce vers tel que le présente le manuscrit d’Oxford : L’ewe de Sebre, el lur est dedevant . On ne peut mieux faire que de citer le commentaire de Segre : H[ofmann 78 ,] Jen[kins,] Ber[toni et] Ron[caglia] suivent γ 79 ( lur esteit ) peut-être pour éliminer le pléonasme qui est pourtant très commun dans la 74 Edmond Huguet, Dictionnaire de la langue française du seizième siècle VII, 426. 75 C.-à-d. Gui de Warewic. Ceci signifie probablement que Nicot a trouvé la graphie ventaille dans une des deux éditions du roman en prose français publiées au XVI e siècle (en 1525 et 1550, v. l’éd. Conlon 30-31). Le scribe du ms. Old Royal 15.E.VI de la British Library rend normalement (sauf après i ) [×] intervocalique par ill . Mais il écrit ventalle (ch. 155, ligne 37). Est-ce le résultat d’un croisement de ventaille et ventele ? 76 Même si [α×↔] peut devenir [Ε×↔] , voir Pope, §408. 77 B.n.F., f. fr. 1583, f o 65a, ce sera le vers 8441 de notre édition. Le mot n’est pas attesté dans les dictionnaires. – Nous pensons que les nombreux synonymes de folie ( folage , folor etc.) s’expliquent d’une manière analogue. 78 Pour ce qui concerne les éditions auxquelles se réfère Segre, voir I, 63-68. 79 Voir le stemma de Segre (I, 16) ; γ serait la source des mss. de Venise, de Châteauroux, de Paris, de Lyon, de Cambridge et de Londres, ainsi que des fragments de Paris et des
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