AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 342 La perspective de l'auteur sur la question du verbe s'avère être d'une grande modernité : les catégories verbales appartenant au domaine de la morpho- syntaxe sont envisagées et expliquées d'un point de vue logico-sémantique, ce qui permet de réunir sur des bases rationnelles les valeurs multiples et souvent hétérogènes de certaines formes verbales. C'est ainsi que l'on peut expliquer pourquoi l'imparfait, le passé composé, le plus que parfait, le futur - formes temporelles par excellence dans les grammaires traditionnelles - développent des valeurs stylistiques (en contexte) et des valeurs modales (dans la situation de communication). D'ailleurs, à la classification « ancienne » des temps verbaux en temps absolus et temps relatifs , l'auteur préfère, pour des raisons logiques et didactiques également, la structuration proposée par Émile Benveniste en temps de l'énonciation (du discours) et temps de l'énonciation historique (du récit) . Intégrer les formes temporelles dans ces deux systèmes du discours permet de rendre compte de la distribution des valeurs aspectuelles - accompli / non accompli - qui leur sont attribuées, ainsi que des rapports séquentiels - simultanéité, antériorité, postériorité - qui se développent en contexte. Cette visée centrée sur la sémantique morphologique permet également à l'auteur de contourner le sujet de la concordance des temps en français, sujet d'étude inéluctable dans les grammaires classiques, dans les grammaires textuelles et surtout dans les méthodes de FLE. Projeter le verbe dans les deux systèmes, de l'énonciation et du récit, conduit à expliquer le choix des formes temporelles par le souci de cohérence du texte, sans faire appel au schéma mécaniciste des correspondances entre la succession des événements et les temps grammaticaux imposés par la forme du verbe régissant. Afin d'offrir une image claire et complète de la catégorie du mode verbal en français, l'auteur aborde la question de deux points de vue complémentaires : l'approche sémantico-pragmatique, mettant en rapport le contenu envisagé et les formes qui l'assument, et l'approche grammaticale, partant des formes modales pour aboutir à la description de leurs emplois en contexte. D'un côté, l'on regroupe les modes censés exprimer l'injonction ; la supposition, l'hypothèse, l'irréalité ; l'affectif. De l'autre, on décrit les valeurs sémantiques assumées par les principaux modes verbaux (indicatif, « formes verbales en -r- » , subjonctif, impératif, infinitif, participes) et les oppositions fonctionnelles qui s'établissent entre les modes en concurrence (subjonctif vs infinitif, subjonctif vs indicatif/conditionnel). En fin de compte, quelques pages sont réservées à la catégorie verbale de l'aspect, question délicate et discutable dans la grammaire française, où l'opposition accompli vs non accompli se réalise soit par des moyens morphologiques (formes temporelles simples vs formes composées), soit à

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