AGAPES FRANCOPHONES 2012
Maurice Richard : du hockey au roman des origines Carlo LAVOIE Université de l’Île-du-Prince-Édouard Canada Résumé. Maurice Richard, l’un des grands joueurs de hockey sur glace du XX e siècle, aura été un des premiers à jeter les bases d’une véritable américanité au Québec. Héros de la culture populaire, il devrait également l’être au niveau de la littérature car au-delà du stéréotype de l’idole et au-delà du mythe du héros, il constitue l’une des premières figures « américaines » du Québec. Non seulement a-t-il réussi à se rendre maître de son territoire, mais il a contribué à agrandir les limites imaginaires du Québec étant par le fait même non seulement un mythe, mais un générateur de mythes. Ainsi, Maurice Richard devient une figure qui permet de passer de la culture populaire québécoise à une culture plus générale du sport au roman des origines. Abstract. Maurice Richard, one of the greatest ice hockey players of the twentieth century, has been the first to lay the foundation for true Americanism in Quebec. Popular culture’s hero, he should also be a preeminent figure in literature. Beyond the stereotype of the idol and beyond the myth of the hero, he is one of the first “American” figures of Quebec. Not only has he managed to get possession of his territory, but he also helped expand the imaginary boundaries of Quebec, being thereby not only a myth, but a generator of myths. Thus, Maurice Richard becomes a figure that cannot only move from Quebec popular culture to a more general culture, but also from sports to the novel of the origins. Mots-clés : sport, littérature québécoise, hockey, roman des origines, Roch Carrier Keywords : sport, french-canadian literature, hockey, origines, Roch Carrier Par sa grandeur, par sa noblesse, par sa fierté, Maurice Richard a aidé les siens à redresser l’échine. Il a permis à toute une nation de retrouver sa fierté et de prendre un peu de place au soleil... à une époque qu’on a qualifiée depuis de “grande noirceur”. (Pellerin 1998, 8) Vers la fin des années 1970, j’avais environ dix ans. Tous les ans, la rivière Iroquois et le ruisseau Couturier, qui passaient à proximité de la maison de mes parents, inondaient. Nous nous retrouvions alors avec des kilomètres de glace, une immense patinoire qui durait de la fin du mois de février au mois d’avril. C’était vraiment la fin de l’hiver canadien. Inlassablement, ma mère nous accompagnait, mes amis et moi, afin
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