AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 155 rappelé la capitale française par la beauté des lieux et des gens, raison pour laquelle Golescu a surnommé la ville italienne « le nouveau Paris 2 » (Golescu 1963, 143). Les parcs et les jardins qu’il a visités en Hongrie et en Autriche lui ont donné l’occasion d’évoquer les Jardins du Luxembourg. Une autre référence à la francophonie a eu comme inspiration la ville de Genève, où D. Golescu a visité la maison de Jean-Jacques Rousseau, occasion pour l’intellectuel roumain de remarquer, mais surtout de souligner, l’appréciation et la reconnaissance apportées par les peuples dits « civilisés » aux hommes qui ont dédié leur activité de base à la culture : «Voilà comment les peuples récompensent les hommes remarquables, d’une reconnaissance éternelle 3 ». (195) Lors d’une première lecture des notes de voyage de D. Golescu, ces références à la francophonie sont parfois difficilement observables, étant donné qu’elles sont insérées parmi les éléments de culture et de civilisation des pays visités par l’auteur. Nous considérons qu’elles témoignent de ce que la France et la culture francophone ont représenté pour le XIX e siècle en général, pour les intellectuels roumains en particulier. C’est la francophilie – plus précisément l’admiration de D. Golescu pour la culture francophone et pour la civilisation française – qui a déterminé l’évocation de la France par ce qu’elle a eu de spécifique : la ville de Paris, considérée comme la capitale du XIX e siècle, qui, d’une perspective métonymique, représenterait la France, ayant même la valeur d’un mythe national ; les Jardins du Luxembourg, lieu de promenade, mais aussi source d’inspiration pour de nombreux artistes, symbole de la beauté architecturale et artistique, mais aussi de la beauté naturelle du paysage, qui sont souvent identifiés dans les récits de voyage de la littérature roumaine ; Jean-Jacques Rousseau, homme de culture francophone, dont les ouvrages ont eu un retentissement mondial. Nous voulons souligner que ces repères de la culture européenne, dont la connaissance représente l’apanage de tout personne instruite, sont des preuves incontestables de la francophilie de l’écrivain roumain, qui les considérait comme « des choses particulières que tout le monde devrait voir car, autrement, on serait dépourvu de la connaissance des faits culturels essentiels 4 ». (97) Il faut remarquer que, parfois, la frontière entre mémoires, confessions et autobiographie est incertaine, étant donné qu’il existe des mémoires présentés en tant que journaux et inversement. Un exemple dans ce sens est l’œuvre de Ion Codru Dr ă gu ş anu, Le voyageur de Transylvanie , 2 « Parisul cel nou. » (Notre traduction) 3 « Iat ă cum noroadele r ă spl ă tesc celor buni ş i folositori cu vecinic ă slav ă . » (Notre traduction) 4 « […] deosibite lucruri, pe care trebuie cineva ş negre ş it s ă le vaz ă , c ă ci nev ă zându-le, iar îi lipse ş te ş tiin ţ a de deosibite lucruri. » (Notre traduction)
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