AGAPES FRANCOPHONES 2012
200 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 questionnement, pour les nourrir, pour les ressusciter, pour ranimer le grain endormi. La « considération » des étoiles dévoilait, croyait-on, le destin, le sens de la vie, la voie du développement personnel, l’ être et le devenir fusionnant, dans l’espoir d’un connaître , dont le seul but (dissimulé ou souhaité) s’articulait en ... salut . Aboutir à la connaissance et ... se sauver . Il ne resterait qu’à trouver la voie royale , celle de l’ interprétation juste . Avant le connaître , le reconnaître . Dans le mot est cachée l’ intention de communication, laquelle, à travers le choix opéré parmi les offres du langage, implique un engagement , que seule la reconnaissance de l’intention peut légitimer. Les étoiles existent et scintillent. Les hommes voient cet éclat, en deviennent témoins, le subissent et ... avec un peu de chance, le vivent. L’aube de toute herméneutique est la lecture, focalisée, dans ces pages, sur le roman Une Femme pour l’Apocalypse 1 ou, plutôt, sur le moment « de grâce » quand j’ai vécu l’ « être-ensemble » essentiel de toute communication accomplie, à Collado-Villalba, en juillet 1990, où j’ai été accueillie, non pas dans leur maison, mais dans leur âme , par Olga et Vintil ă Horia 2 . En m’offrant, au moment où nous allions prendre congé, le livre qui a inspiré cette étude, l’écrivain y mit, en dédicace : « Doamnei [...], care vine din Ţ ara de peste veac, aceast ă poveste de peste timp, în semn de prieteneasc ă reg ă sire. » [« À Madame [...], qui arrive du Pays des Vieux Âges, cette histoire au-delà du Temps, en signe de chaleureuses retrouvailles », la traduction est de moi]. Les mots étaient là, mais ce n’est qu’en en reprenant la lecture que j’ai transgressé l’« existence », pour me glisser dans le « devenir ». 1 Toutes les citations ci-après renvoient à l’édition de 1968: Vintil ă Horia, Une femme pour l’Apocalypse (Monaco, Editions du Rocher). Sauf mention contraire, c’est moi qui souligne certains mots et syntagmes. 2 Vintil ă Horia, (1915, Segarcea, Roumanie - 1992, Villalba, Espagne) s’est imposé, à suivre les critiques, comme un des plus sagaces, perspicaces et profonds écrivains contemporains : « […] él (Vintil ă Horia, n.n.) supo investigar con profunda sensibilidad poetica e intensa sugestión estética la crisis existencial de nuestro tiempo (crisis a menudo disfrazada de mentiras); y supo hacerlo […] habiendóse nutrido siempre de pensamiento fuerte y siendo anclado en principios firmes. » (Primo Siena, Revista Arbil , nr.61) « Un roman de Vintil ă Horia n’est jamais chose gratuite et nous sommes loin de ces historiettes à l’intrigue faussement subtile qui ne vont pas au-delà d’une apparente complexité. Avec Une femme pour l’Apocalypse, il s’en donne à coeur joie dans l’introspection d’un amour qui ne peut avoir de fin. » (Robert Sabatier, Le Figaro littéraire , 1968). Pour une présentation ample de l’auteur, voir Galina Florea, Dictionnaire des Écrivains Francophones de l’Europe du Sud-Est . [En ligne]. http://esg.frl.auth.gr/dico/ index.php?option=com_content&view=article&id=96:horia-vintila&catid=40:roumains &Itemid=105.
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