AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 201 Aussitôt, l’ espace , le « Pays » (« Ţ ara », avec majuscule, l’endroit vénéré, qui nourrissait encore les racines de l’écrivain, malgré l’exil) « des Vieux Âges » et la temporalité , « cette histoire au-delà du Temps » – éléments-clés du roman – s’avéraient être plus vifs, plus riches de sens, ressuscitant des parcours éternels, « écrits dans les étoiles ». Je relus la dédicace et, soudain, Le Pays, les Âges, le Temps suspendirent leur existence de mots, pour se muer en devenir des symboles : le Pays ressuscita le passé révolu, dont l’embryon se recomposait à travers les Âges et le Temps, pour rejoindre l’avenir de l’Éternité. Je croyais avoir compris les mots à la première lecture, mais je n’avais saisi que leur présence , leur existence , alors qu’ils appelaient, à travers l’intention de l’écrivain, le destin , le devenir , le mouvement entraînant l’ évolution. Ces pages voudraient exprimer (dans le sens le plus proche de l’étymon exprimere ) la conscience, l’esprit révélateurs, évocateurs, signifiants aussi bien de l’écriture que de la lecture, dont la symbiose n’est que l’éclosion infaillible d’une essence (serait-ce celle du thym, considéré par Vintil ă Horia leitmotiv du roman Une Femme pour l’Apocalypse ?) laquelle, une fois surprise, saisie, dérobée séduit à jamais. Le roman, écrit en français, fascine sans doute par la virtuosité de l’auteur qui marie admirablement le langage poétique sous-tendu par maints symboles, dont certains emblèmes (sic!) sont souvent identiques, facilitant le voyage du lecteur. C’est l’écriture où Vintil ă Horia déchaîne la vibration du langage dans une symphonie sémio-culturelle, à l’intérieur de laquelle le lyrique et l’épique s’embras(s)ent dans des valences amples, qui sous-tendent le titre ésotérique à travers les accords d’un amour heuristique et rédempteur, exultant dans une temporalité dilatée (période de la Reconquista, à l’intérieur d’une Espagne médiévale ensanglantée, époque de la guerre civile, ayant en arrière-plan l’Escurial du XX e siècle et l’évasion des protagonistes, l’Apocalypse, enfin, lorsque Blanca et Manuel accomplissent leur mission, sous la lumière inouïe de l’Éternité), temporalité recomposée dans une spirale dont le pôle se déplace incessamment sur l’axe vertical de l’antique altus (élévation/abîme), dans un mouvement d’aller-retour, en faisant les plans des courbes s’entrecouper et en en libérant ainsi une prodigieuse éternité. (Pasat 1996 et 2011). Cette approche du temps est étayée sur les fonctions compositionnelles de deux chronotypes : la rencontre (de Blanca et Manuel) et le(ur) voyage , chronotypes qui sous-tendent le déchirement converti en savoir , à travers la fusion, la connaissance , la redécouverte de l ’Un primordial . Ce qui séduit chez Vintil ă Horia (et ce qui constitue un défi remarquable pour le traducteur) réside dans les voix intérieures de ses

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