AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 227 Pacha, dans l’esprit dans lequel il a écrit Histoire de la Turquie, justifie ces victoires par la lenteur des Turcs à réprimer des révoltes de province. (144- 146) La fin de vie de Scanderbeg est décrite d’une manière très originale. Car pour l’imagination du poète, un héros ne peut pas mourir dans son lit. Une telle conclusion ne serait pas en accord avec sa vie et ses innombrables exploits. Par conséquent, dans l ’Histoire de la Turquie on lit que Skanderbeg meurt sur son cheval. À la fin de l’assemblée de Lezha (Lyssus), quand Skanderbeg était gravement malade, des nouvelles sont venues que les Ottomans s’approchaient de la ville. Bien que malade, Skanderbeg prit ses armes et s’élança contre les Turcs qui, dès qu’ils l’ont vu, ont décampé : « Ses Albanais le ramenèrent triomphant, mais mort, dans Lyssus; il avait rendu le dernier soupir sous sa cuirasse, à cheval, et le sabre à la main. L’Albanie était morte avec lui » (342), dit Lamartine. Le nombre d’auteurs français, historiens et écrivains, qui ont écrit sur Scanderbeg est considérable. Cependant, tandis que les historiens traduisent ou imitent Barletius, la plupart des écrivains nous présentent Scanderbeg hors du contexte historique. Mais chez Lamartine, nous trouvons une histoire plus ou moins fidèle de Skanderbeg (incluant certaines imprécisions) selon sa vision de poète. Lamartine, en contraste avec les historiens qui attribuent une connotation religieuse à la résistance albanaise contre les Turcs, souligne de façon explicite le caractère national de cette résistance. En conséquence, Lamartine entre dans la lignée des grands écrivains français tels que Ronsard, Agrippa d’Aubigné, Montaigne et Voltaire, sans y inclure un éventail d’autres écrivains moins connus, qui ont écrit au sujet de Scanderbeg. Cependant, l’intérêt de l’œuvre de Lamartine porte sur un détail : à travers la figure mythique de Scanderbeg il s’est également intéressé aux Albanais en tant que nation. Scanderbeg dans une des œuvres de jeunesse de Balzac Balzac lui-même, dans un de ses romans de jeunesse, introduit un personnage qui, par certains traits, rappelle le héros albanais. Dans Clotilde de Lusignan ou le beau juif (1823), paru sous le pseudonyme Lord R’hoone, on découvre un albanais, nommée Castriot. Un nom qui rappelle directement celui de Scanderbeg (Georges Castriot). Même s’il ne s’agit que d’un des personnages secondaires de la fresque balzacienne, il joue un rôle important dans la trame de l’œuvre et il est un des types les mieux dessinés. Dans Clotilde de Lusignan, qui se présente comme un roman d’amour et d’aventures autour de l’authentique famille des Lusignan de Chypre et qui se déroule en Provence, notre personnage est le garde du corps, le fidèle serviteur de la belle princesse Clotilde de Lusignan. Dès le début du roman, Balzac fait un portrait de Castriot l’Albanais, dans lequel on retrouve toutes les particularités du caractère de l’Albanais,
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