AGAPES FRANCOPHONES 2012

240 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Vers 1405 sucurance dans la laisse CIX qui a une assonance féminine en  Vers 1411 esperance dans la même laisse Vers 3006 cuntenances dans la laisse CCXVI qui a une assonance féminine en  Vers 3009 fiance dans la même laisse Vers 3710 prendre dans la laisse CCLXVIII qui a une assonance féminine en  On peut noter que les étymons de quatre des cinq mots sont des substantifs formés à partir des participes présents des verbes correspondants, en pratique par le radical suivi de ‒ antia (dans la première conjugaison) ou ‒ entia (dans les autres conjugaisons) ; ‒ antia donne régulièrement  ‒  , ‒ entia donne régulièrement  ‒  . Il est donc évident que le vers 1411 est en principe une irrégularité : il se trouve dans une laisse en  , tandis qu’on a un a dans l’étymologie : sperantia . Il est moins évident pourquoi Bédier conçoit comme irréguliers les vers 1405, 3006 et 3009. Ils sont dans des laisses en  , et on a e , non pas a , dans les étymologies : succurrentia , continentia et fidentia . L’explication n’est évidemment pas que Bédier se base sur la graphie du manuscrit d’Oxford, mais qu’il suppose que la terminaison ‒ antia s’est généralisée au profit de la terminaison ‒ entia . Cela n’est pas tout à fait faux, on a en effet un nombre considérable de cas où on a des mots avec une étymologie en ‒ entia à la fin du vers dans des laisses avec assonance féminine en  : Laisse LXVII, vers 830 et laisse CCXXV, vers 3086 cuntenances < continentias Laisse LXXIII, vers 914 et CLXXII, vers 2329 fiance < fidentia Laisse CCXXV, vers 3090, laisse CCLXII, vers 3620 et laisse CCXC, vers 3987 (re)cunoisance(s) < (re)cognoscentia(s) D’autre part, comme le verbe irer (formé d’après l’adjectif iratu(m) > iré ) est de la première conjugaison, il faut considérer irance comme régulier à la fin du vers dans une laisse en avec assonance féminine en  (laisse CXXXIX, vers 1845). On voit donc que le Roland d’Oxford, même s’il distingue en général fort bien les deux assonances, tend à les confondre quand il s’agit des suffixes ‒ ence et ‒ ance . Si Bédier affirme que fiance est irrégulier au vers 3009, c’est qu’il croit que la généralisation de ‒ ante(m) au profit de ‒ ente(m) au participe présent a dû engendrer une généralisation totale de ‒ antia au profit de ‒ entia . Mais on peut noter qu’au participe présent la généralisation n’a été réalisée

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