AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 245 Le vers 3710 ne peut pas être omis, il est important pour le contexte. Mais il se trouve dans une laisse où il y a beaucoup d’autres erreurs 24 , et il est évidemment possible d’imaginer un hémistiche qui soit synonyme de cume sa per a prendre et qui ait une assonance en : Ki me jurat a prendre cume dame . – Si on se laisse aller, c’est-à-dire si on se laisse aller encore plus loin du manuscrit, il est possible de trouver une solution peut- être plus élégante : Ki me jurat que seroie sa dame . Le résultat pratique de tout ceci pour l’édition du texte 25 d’Oxford de la Chanson de Roland peut se résumer ainsi : il faut donner raisons aux éditeurs qui corrigent le vers 1091 d’après le manuscrit de Venise 4, il faut donner raison à ceux qui – en principe par conjecture – corrigent le dernier mot du vers 3787 en calenje et il est raisonnable d’écrire marraines au vers 3892 26 . Cela peut paraître modeste. Mais ces résultats ont une portée plus générale, ils font partie d’un raisonnement qui cherche à montrer que les auteurs des chansons de geste suivaient des règles strictes pour ce qui concerne les assonances, ce qu’on peut être tenté de considérer comme des « licences poétiques » est plutôt à mettre sur le compte de la négligence des scribes. Je trouve inutile de reprendre plus longuement ici ce que j’ai déjà dit sur ce point. Bibliographie Bédier, Joseph, La Chanson de Roland (Commentaires) ou La Chanson de Roland commentée , Paris, H. Piazza, 1927. La Chanson de Roland , Ms. d’Oxford, Éd. Theodor Müller, Gœttingue, Verlag der Dieterichschen Buchhandlung, 1863. ---, Ms. d’Oxford, Éd. Edmund Stengel, Leipzig, Dieterichsche Verlagsbuch- handlung Theodor Weicher, 1900. ---, Ms. d’Oxford, Éd. Joseph Bédier, Altfortville, H. Piazza, 1974 [1921]. ---, Ms. d’Oxford, Éd. Thomas Atkinson Jenkins, Boston, D. C. Heath, 1924. Heath’s Modern Language Series. ---, Ms. d’Oxford, Éd. Giulio Bertoni, Leo. S. Olschki, Florence, 1935. ---, Ms. d’Oxford. Éd. Frederick Whitehead rev. par T. D. Hemming, Londres, Bristol Classical Press, 1997 [1942]. 24 Comme le remarque Rambeau (p. 38). – Ici il faut que je fasse une petite palinodie. Dans mon article de 2005 (p. 22-24) j’ai proposé pour le vers 3708 la correction As li vous Alde, la damisele gente . Je ne songeais pas à l’époque à la différence entre et . Aujourd’hui je dirais plutôt la damisele franche . Au vers 3978 la reine prisonnière est franche . 25 Il serait téméraire de mettre les conjectures qu’on vient de voir dans le texte ; leur place est dans les commentaires (tout au plus). 26 Je ne mentionne que les cas que j’ai discutés ici, mais on comprend que j’approuve aussi, par exemple, les corrections de Stengel et de Jenkins au vers 8 ( reclaimet pour recleimet ) et au vers 9 ( ataignet pour ateignet ) : la première laisse a une assonance féminine en , ce qui s’accorde parfaitement avec les étymons. J’approuve bien sûr aussi les corrections dont il a été question dans la note 7 ci-dessus.
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