AGAPES FRANCOPHONES 2012

AGAPES FRANCOPHONES 201 2 257 Les étudiants portugais s’approprient l’hymne français, symbolisme de rébellion et de liberté. La chanson française est, également, très présente, (Tu retourneras à Paris, maintenant tu es Léo Ferré qui chante un poème d’Aragon Il n’aurait fallu/ Qu’un moment de plus/ Pour que la mort vienne/ Mais une main nue/ Alors est venue/ Qui a pris la mienne ) 14 . Tu sais, la chanson de Moustaki ? « Passe passe le temps, tu n’auras pas pour très longtemps » . Et malgré tout « Il était encore temps » . Je t’aimais – je t’aime encore si fort 15 . À l’époque de l’Université, des clans se forment autour d’Albert Camus et de Jean-Paul Sartre, avant l’exil de Rafael, Cela a été bien avant la grande scission, on ne prenait parti ni pour les pro- soviétiques ni pour les pro-chinois, personne ne faisait de citations, il n’y avait même pas de livres à citer, ni Marx, ni Lénine, ni Engels, encore moins Mao, on lisait Camus et Sartre, c’était cette division là, camusiens, sartriens. Rafael préférait Camus, L’étranger , cette métaphore de l’homme étranger au monde, à la règle, à lui-même, cette forme d’écriture quasi neutre 16 . Albert Camus est très cité, sans doute parce que la jeunesse portugaise de l’époque s’identifiait beaucoup à ses idées : « J’ai pris un livre que tu avais apporté – L’homme révolté de Camus » 17 . Dans Square Tolstoï , le narrateur insère de nombreuses citations d’auteurs français. Il cite notamment Albert Camus, André Breton, Maurice Blanchot, Bergamin et Denis de Rougemont, J’ai emmené dans la baignoire Denis de Rougemont ( L’Amour et l’Occident ). J’ai ouvert au hasard, et j’ai relu : “ Edgar Poe engendra Beaudelaire qui engendra le symbolisme qui engendra des mandragores, des femmes sans corps, des jeunes Parques, des apparences à peine era o Flore, Saint Germain des Prés, Paris antes de Paris. Só regressávamos a meio da noite, no terreiro da Erva, em frente ao 13, às vezes ao som da Marselhesa.” (Alegre 2004, 32) 14 “(Regressarás a Paris, agora és Léo Ferré a cantar um poema de Aragon Il n’aurait fallu/ Qu’un moment de plus/ Pour que la mort vienne/ Mais une main nue/ Alors est venue/ Qui a pris la mienne ).” (Alegre 2004, 139). 15 “Sabe ? A canção do Moustaki ? « Passe passe le temps, tu n’auras pas pour très longtemps » . E contudo « Il était encore temps » . Eu gostava – gosto ainda – tanto de você.” (Bragança 1981, 183) 16 “Foi muito antes da grande cisão, ainda não se tomava partido por pró-soviéticos ou pró- chineses, ninguém fazia citações, não havia sequer livros para citar, nem Marx, nem Lenine, nem Engels, muito menos Mao, o que se lia era Camus e Sartre, era essa a divisão, camusianos, sartrianos. Rafael preferia Camus, O estrangeiro , essa metáfora do homem alheio ao mundo, à regra, a si mesmo, essa escrita quase neutra.” (Alegre 2004, 31) 17 “Agarrei num livro que trouxeras – L’homme révolté , do Camus.” (Bragança 1981, 165)

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