AGAPES FRANCOPHONES 2012

258 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 féminines de fuites – comme on dit que l’eau fuit un bassin : fissures dans le réel, fuites de rêve.” 18 Quand il se réfère à Albert Camus et à Maurice Blanchot, il les traite de « tio » (père), ce qui dénote une proximité et une affection toutes particulières pour ces grands hommes de lettres, Et bien ici tu as une citation européenne plus récente, de l’homme d’espoir que fut le père Camus : « Ce que l’intelligence et l’énergie de l’Europe ont fourni sans trêve à l’orgueil d’un temps misérable ». Plus tard - ce n’est pas ici, mais je m’en souviens - Breton a écris sur cette époque que c’est un temps à ne pas mettre un chien dehors . Mais est-ce que tu veux entendre les bonzes que Bergamin donne à la nouvelle scolastique ? Des choses du genre : L’écriture ne fait plus signe de vérité. J’ai pêché ça dans le Tel Quel dès que je suis arrivé dans cette ville 19 . J’ai ouvert la dernière du père Blanchot et j’en ai pris deux que j’ai mis dans mon journal intime : 1) « L’œuvre demande que l’homme qui l’écrit se sacrifie pour l’œuvre, devienne non pas un autre, non pas du vivant qu’il était l’écrivain avec ses devoirs, ses satisfactions et ses intérêts, mais plutôt personne, le lieu vide et animé où retentit l’appel de l’œuvre. » (Blanchot, Le Livre à Venir ) 2) « Plus loin on va plus personnelle, plus unique devient la vie, l’œuvre d’art est l’expression nécessaire, irréfutable, définitive à jamais de cette réalité unique. Là réside l’aide prodigieuse qu’elle apporte à celui qui est forcé de la produire. » (Bragança 1981, 194) . Le narrateur de Rafael fait référence à des poètes célèbres comme Rimbaud et Verlaine, ainsi qu’au fondateur du surréalisme André Breton, « Rimbaud : la liberté libre, je est un autre. Ou même Verlaine : la musique ; ou peut-être Breton : le hasard » 20 . D’ailleurs, la langue française est défendue et revendiquée par les narrateurs. Comme le montre Aníbal dans sa prise de position à l’OCDE: J’ai décidé de parler en français parce que cette organisation siège à Paris, ville qui plus d’une fois a proclamé les désirs d’une République des 18 “Levei para dentro da tina o Denis de Rougemont ( L’Amour et l’Occident ). Abri ao calhas, e reli: « Edgar Poe engendra Beaudelaire qui engendra le symbolisme qui engendra des mandragores, des femmes sans corps, des jeunes Parques, des apparences à peine féminines de fuites – comme on dit que l’eau fuit un bassin : fissures dans le réel, fuites de rêves » .” (Bragança, 1981, 191) 19 “Pois aqui tens uma europeia mais recente, e do homem de esperanças que foi o tio Camus: « Ce que l’intelligence et l’énergie de l’Europe ont fourni sans trêve à l’orgueil d’un temps misérable » . Mais tarde – não esta aqui, mas lembro-me – o Breton escreveu desta época que ela é un temps à ne pas mettre un chien dehors . Mas queres ouvir os bonzos que Bergamin chama a nova escolástica? Coisas assim : L’écriture ne fait plus signe de vérité . Pesquei isto no Tel Quel logo que cheguei a esta cidade.” (Bragança 1981, 211) 20 “Rimbaud : A liberdade livre, eu é um outro. Ou até Verlaine : Música. Ou talvez Breton : O acaso.” (Alegre 2004, 213)

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