AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 259 Républiques. Or, il m’est déjà arrivé en pleine nuit d’entrevoir dans un tunnel une figure féminine splendide, je cours vers elle convaincu d’être en face du corps symbolisant la « Liberté, l’Égalité et la Fraternité ». 21 Le narrateur fait ainsi référence aux valeurs de la République française car elles incarnent pour lui la liberté qu’il est venu chercher en France. Les descriptions géographiques Rafael décrit de façon très précise les différents endroits de son chemin d’exil, notamment Paris, comme dans l’extrait suivant, Tu connaîtras la beauté de la ville, pas celle du pont Alexandre III et de la Concorde, ni celle des Champs Elysées et de ses lumières, ni de deux places plus intimes, la Place des Vosges et la Place de la Contrescarpe, mais la beauté terrible et laide de ces grands boulevards qui sont déserts la nuit, cet émerveillement et cette peur de marcher en entendant seulement l’écho de tes propres pas, au milieu de la pierre majestueuse et du silence, sentant l’attraction de l’anonymat et de la dissolution dans la propre immensité de la nuit et de la ville. 22 Il décrit aussi Genève, ville dans laquelle il est resté peu de temps, Ils accompagneront Rodrigo jusqu’à la Rue de Carouge, ensuite ils se promèneront dans la voiture de Francisco Heitor dans les rues désertes de Genève la nuit, les fenêtres fermées, les phares éteints, dans la Rue de La Servette qui paraît sans fin, ils suivront le Lac Léman, ils passeront par le pont du Mont-Blanc, ils contourneront le Jardin des Anglais, ils passeront par le Quai Gustave Ador, il y a une légère ondulation dans le Lac, ils reviennent en arrière, la ville est de plus en plus fermée sur elle-même, à cette heure-ci seuls les étrangers sont réveillés, l’exil est une longue veille, c’est au petit matin qu’ils arrivent au Petit Lancy, où habite Francisco Heitor, un appartement moderne, de grandes fenêtres panoramiques où 21 “Decidi falar em francês porque esta Organização tem sede em Paris, cidade que mais que uma vez proclamou desejos de uma República de Repúblicas. Ora já me aconteceu, no tal meio da noite parado em pleno túnel, entrever uma figura de mulher esplendorosa, e correr para ela convencido de estar frente ao corpo simbolizador de « Liberdade, Igualdade, Fraternidade ». ” (Bragança 1981, 131) 22 “Conhecerás a beleza da cidade, não propriamente a da ponte Alexandre III e da Concorde, nem a dos Campos Elísios e suas luzes, nem só a de suas praças mais íntimas, Place des Vosges, Place de la Contrescarpe, mas a beleza terrível e feia dos seus grandes bulevares desertos à noite, esse deslumbramento e esse pavor de caminhar não ouvindo senão os ecos dos próprios passos, por entre a majestade da pedra e do silêncio, sentido a atracção do anonimato e da dissolução na própria imensidão da noite e da cidade.” (Alegre 2004, 197)
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