AGAPES FRANCOPHONES 2012
260 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 l’on peut voir Genève endormie et les lumières tremblantes des rives du lac. 23 Dans ces descriptions, le narrateur fait toujours le parallèle entre la dimension de la ville et de sa propre solitude. Il associe la nuit à l’exil où seuls les étrangers ne dorment pas et circulent dans la ville. Finalement, Rafael fait une description minutieuse de l’Algérie qui est pour lui très différente des autres lieux, D’abord les lacs de sel, la terre rouge qui tout d’un coup devient bleutée et quelques kilomètres plus loin qui semble être une planète morte, avec des montagnes noires, des abîmes couleur de feu, des pentes violettes et des rivières calcinées. Rien n’est pareil, tout change à chaque kilomètre, la couleur, la tonalité, la morphologie. Et tout d’un coup les dunes, un peu avant El Oued. Rafael comprend l’étonnement et la panique de ceux qui voient pour la première fois la mer. Et une fascination commence : le grand espace, les images absurdes, les mirages, c’est une autre dimension, un autre temps, un nouveau regard. 24 Sa vision est modifiée malgré l’infini des plaines et de la mer, il y retrouve un peu du Portugal qu’il a laissé derrière lui. C’est sans doute pour cela qu’il y est resté pendant dix ans. Conclusions Nous constatons que les auteurs ont choisi de ne pas s’assumer entièrement et de donner la parole à des personnages fictifs à qui ils font vivre des évènements similaires aux leurs. Ce choix peut s’expliquer, en partie, par le fait que l’histoire et la mémoire tendent à se dissocier et qu’au Portugal on commence peu à peu à évoquer de façon autobiographique la période de la dictature Salazariste. 23 “Acompanharão Rodrigo até Rue de Carouge, depois passearão no carro de Francisco Heitor pelas ruas desertas de Genebra à noite, as janelas fechadas, as luzes apagadas, pela Rue de La Servette que parece não ter fim seguirão para o Lago Léman, passarão a ponte do Mont-Blanc, contornarão o Jardim dos Ingleses, passarão pelo cais Gustave Ador, há uma ligeira ondulação no Lago, voltam para trás, a cidade está cada vez mais fechada em si mesma, a esta hora só os estrangeiros estão acordados, o exílio é uma longa vigília, é quase uma da manhã quando chegam ao Petit Lancy, onde mora Francisco Heitor, um apartamento moderno, de grandes janelas panorâmicas de onde se pode avistar Genebra adormecida e as luzes que tremulam nas margens do lago.” (Alegre 2004, 127) 24 “Primeiro os lagos de sal, a terra vermelha que de repente se torna azulada e uns quilómetros depois parece um planeta morto, com suas montanhas negras, seus abismos da cor do fogo, seus declives roxos e seus rios calcinados. Nada é igual, tudo muda quilómetro a quilómetro, a cor, a tonalidade, a morfologia. E de súbito as dunas, um pouco antes de El Oued. Rafael compreende o espanto e o pânico dos que pela primeira vez vêem o mar. E um fascínio começa : o grande espaço, as imagens absurdas, as miragens, esta é outra dimensão, um outro tempo, um novo olhar.” (Alegre 2004, 173)
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