AGAPES FRANCOPHONES 2012

278 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 trottoir trois femmes qu’il ne peut s’empêcher de regarder. Toujours de l’autre côté de la rue, il aperçoit un ancien ami, Patrick Danaham et croit le voir monter dans un taxi. Comme la pluie commence, il s’abrite dans une station et les trois filles viennent se serrer contre lui. Ils partagent une cigarette et, prenant le temps de les observer, il constate qu’il s’agit d’une blonde, d’une brune et d’une rousse, toutes les trois mal vêtues. La rousse s’appuie contre lui et ce contact suffit pour qu’il la reconnaisse – il avait passé une nuit avec elle il y avait une année. Près de lui, Paul remarque aussi son ancien ami qui regarde avec envie les trois femmes. Gêné de se savoir reconnu dans une telle situation et obligé de renoncer à ses projets d’aventure amoureuse, Patrick Danaham invite Paul à prendre un taxi pour se rendre à la maison, lui offre cinq livres et l’invite dîner chez lui. D’une manière étrange, Patrick semble très intéressé par ce qui se passe dans la rue, se penche vers le chauffeur, se colle au vitre pour mieux voir et encore plus bizarrement, le chauffeur de taxi sait à l’avance où habite Paul. Le narrateur ne prête pas beaucoup d’attention à ces détails mais ces menues remarques deviendront essentielles dans l’interprétation du texte. Arrivé devant le bâtiment où il loge, Paul Souvrault se rend compte qu’il avait perdu la clé de son appartement et entreprend d’essayer les quatre portes de l’immeuble pour voir s’il peut pénétrer dedans. Il essaye d’ouvrir trois portes qui sont fermées mais pris d’une fatigue soudaine, renonce à ouvrir la quatrième et traverse la rue pour s’assoir sur un banc. Cette traversée de la rue semble durer extrêmement longtemps et deux fois, un taxi qui passe dans la rue et dans lequel Paul pense reconnaitre Patrick l’évite au dernier moment. Il fait presque jour, Paul veut chercher le journal et du café, il monte dans un bus et s’endort. Quand il se réveille il est déjà tard, il se rend compte que la monnaie qu’il avait gardée dans sa poche était tombée de nouveau par terre mais ne se soucie plus de la récupérer. Il revient chez lui non pas avant de passer revoir une feuille morte embrochée depuis quelques jours à une grille. Après s’être reposé, il sort et téléphone à Patrick : En sortant de Saint-Paul, je ne cherchais plus rien ; dans un bureau de Poste de Fleet Street, j’ai téléphoné à l’autre, afin de le remercier pour les cinq livres ; il me semblait parler pour la première fois ; ma voix même avait peut-être changé, car l’autre ne m’a pas reconnu d’abord. Je lui ai dit que son roman était beau. Il m’a invité dîner chez lui tel jour que j’ai soigneusement noté. Dans les rues, c’était déjà le soir, les lumières, à cause du grand brouillard d’automne. Une belle nuit bientôt ! La foule n’a ni envers ni endroit ; si je rencontre Peggy, je lui parlerai. (NDL 138). À cette fin du récit suit un petit texte en italiques écrit par Patrick Danahan. Ce nouveau récit nous révèle en effet le nom du personnage

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