AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 279 principal, Paul Souvrault, identifié jusqu’ici juste par le pronom personnel « je » et apporte quelques précisions sur sa biographie : sa mère était institutrice dans les Vosges, il avait été élève à Henri IV, il avait refusé de se présenter au concours, il avait loupé sa carrière d’instituteur et celle de professeur et faisait de petits boulots de traducteur pour gagner sa vie. Pendant qu’il habitait à Paris, Paul Souvrault rendait souvent visite à Patrick Danahan pour prendre le café ensemble. Ses visites étaient aussi imprévues que ses départs. Le rencontrant à Londres, Patrick Danahan a l’impression que Paul se porte mieux, il a meilleure mine qu’à Paris et, s’il avait souhaité, il aurait pu s’intégrer à l’Agence et se faire des amis. Patrick reprend la rencontre qui avait eu lieu pendant la nuit, lorsqu’il avait conduit Paul chez lui, mais contredit et nuance les propos du premier récit, s’amusant de l’interprétation donnée par son ami. On apprend aussi que Paul est mort le soir où il avait dîné chez Patrick, écrasé par une voiture, et que les médecins avaient remis à Patrick un cahier où figurait la première histoire. Après avoir lu et recopier ces notes, Patrick se demande si la mort de Paul était vraiment un accident ou un suicide. Le deuxième roman dont nous allons parler, John Perkins , représente l’histoire de la déchéance d’un jeune couple américain, John et Paddy, pour lesquels n’existe plus moyen de se parler après qu’un événement terrible, la mort de Jim - un jeune adolescent des fifties, est survenue dans leur maison. John travaille dans un atelier de construction mécanique de Streatham et fait figure d’un très bon dessinateur, apprécié par ses collègues, mais qui, dès qu’il tente de parler, est pris par le tremblement et aucun mot ne sort plus de sa bouche. Paddy mène une double vie entre son métier d’assistante dans un hôpital de Boston et les courses automobiles. Elle se gorge de coca et se fige dans un calme qui exaspère John. Chaque soir, John attend l’arrivée de sa femme dans la maison, entouré de chiens, de perruches prises par des paniques soudaines, de chats qui, à ses yeux, transmettent des ondes nocives et de plantes qui « poussent sournoisement dans les jardinières ». (JP 9) Cette attente qui s’éternise dans la saleté de la maison et dans une atmosphère où les moindres bruits s’accumulent et blessent l’oreille semble annoncer une dispute et une rupture imminente. Mais la séparation qui pourrait mettre terme à la souffrance commune du couple ne se produit jamais parce que les deux ne se parlent plus. Dès qu’il voit arriver la voiture de Paddy, John part dans une déambulation nocturne sans but, pareil à Paul Souvrault, le personnage du roman déjà analysé. De retour à la maison, tard après minuit, John est pris par une colère extrême mais qui ne trouve pas une expression verbale – il ne peut que fracasser les meubles et détruire tout objet qui lui tombe sous la main.
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