AGAPES FRANCOPHONES 2012
280 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Un troisième personnage Dorothy Lownie fait son apparition et sera hébergée dans la maison. C’est Paddy qui se laisse leurrer par Dorothy et lui propose de venir loger chez eux sans frais mais John lui aussi, bien que s’opposant à cette décision, entreprend de réparer le téléphone et offre tout le confort nécessaire à l’étrangère. Sur Dorothy on ne connait que peu de choses, nous apprenons que son frère était ami de Jim – le disparu, et qu’elle se lie d’amitié avec des gens peu honnêtes. Un autre personnage, absent de l’histoire, semble orienter le récit. On parle d’un certain Jim, à grosse moto et passionné par la guitare qui est mort dans la maison après une longue maladie. En son souvenir, dans la chambre où il est mort, Paddy garde une lampe bleue allumée et les objets intacts. On ne sait pas quel genre de relation existait entre John, Paddy et Jim mais on apprend que sa mort a entraîné tous les problèmes que les deux ne parviennent plus à régler. Pour une certaine période, les colères de John semblent diminuer : il peint au sous-sol, en secret, une fresque en prenant comme modèle une carte postale de Dijon. John avait vécu à Dijon pendant qu’il était soldat et avait été amoureux d’Annette, la fille du notaire. Cette période de sa vie est chargée de connotations paradisiaques. Mais peindre la ville où il avait connu le bonheur, même en y rajoutant des détails réels comme la gare, l’image d’Annette et son propre portrait ne suffit pas pour ressusciter le passé. La fresque terminée, John ne parvient pas à se reconnaître dans sa propre représentation : Elle [Paddy] verra probablement un jour la ville de Dijon sur le mur : mais comment saura-t-elle que c’est Dijon ? Elle ne connait pas, elle ne connaitra jamais cette ville. Reconnaitrait-elle John dans ce soldat au premier plan ? Elle croirait aussi bien que c’est Jim […]. Il tira son portefeuille. Oui, la photo de Jim était avec celle de son père et de sa mère et d’Annette Boulard dans cette pochette au fond du portefeuille dont il avait oublié l’existence. John examina le visage du soldat Jim ; il n’y avait vraiment aucune ressemblance entre lui et le soldat sur la fresque, non plus qu’entre Annette de la photo et la femme qu’il avait peinte. Ce n’était pas lui non plus ce soldat. Ce n’était personne. Et la ville ? Même la photo sur la carte postale, s’il n’avait pas su que c’était celle de Dijon, aurait-il reconnu la ville. Il ne l’avait jamais vue comme cela, de loin, avec la plaine par derrière. C’était peut-être les nuages qu’il reconnaissait le mieux. (JP 85- 86) Un soir, en rentrant après une longue promenade, John voit Dorothy et deux amis, un homme et une femme, nus, étendus sur le lit. Non seulement cette vision de débauche le choque mais encore plus, ce qu’ils racontent, une histoire apparemment innocente : un jour, pour s’amuser, Paddy et Dorothy avaient jeté les chats et un poisson dans la baignoire et malgré leurs efforts comiques, les chats n’ont pas réussi à attraper le
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=