AGAPES FRANCOPHONES 2012
306 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 – a face s ă devin ă fad, a-i lua gustul/savoarea (to make insipid) ; assouplir – a face s ă fie/ s ă devin ă suplu/svelt, a ml ă dia (to make supple), etc. Mots-clés : dérivé verbal parasynthétique, base adjectivale, verbe transitif (parfois pronominal aussi), inteprétation facititve-causative, sens posé, sens présupposé Key words : parasynthetic verbal derivative, adjectival base, transitive verb, factitive/causative interpretation, presupposition 0. Introduction. Constitution du corpus Notre étude comparative porte sur une série de verbes français et de leurs correspondants roumains, verbes appartenant, pour la plupart, à la deuxième conjugaison 1 . Ils sont dérivés à l’aide des préfixes a- (et ses variantes formelles ou allomorphes 2 telles que : ac–, af–, al–, ap–, ar–, as–, at–) et en– (em–), à partir d’une base adjectivale. Ce sont des « déadjectivaux parasynthétiques », qui ont à l’infinitif les suffixes fléchis – ir ou (plus rarement) –er : adoucir, appauvrir, attrister ; embellir, enjoliver, enrichir 3 , etc. Le corpus est fourni par le dictionnaire Petit Robert (2010); il comprend vingt-sept verbes commençant par a– et huit verbes commençant par en– ( variante formelle : em– ) . Pour établir la liste de ces dérivés parasynthétiques, nous avons tenu compte du critère morphologique (dérivationnel), à savoir : la base de dérivation est un adjectif, et du critère syntactico-sémantique représenté par la transitivité (ce sont des verbes transitifs) et par la factitivité (ou causativité) comme sens catégoriel commun à tous les verbes analysés. Si nous partons de l’hypothèse que ces dérivés verbaux parasynthétiques peuvent se constituer en une classe morphologique de 1 Plus rarement, il y a des verbes dérivés déadjectivaux qui appartiennent formellement à la première conjugaison. 2 « Un morphème peut avoir deux ou même plusieurs formes écrites et orales », qui « présentant le même sens doivent être en distribution complémentaire » (Niklas-Salmien 1997 , 21). Il d’agit là de variantes ou allomorphes. Par exemple, les suffixes –ier [jer] et – er [e], employés pour former (« fabriquer ») le nom de l’arbre/arbuste fruitier à partir du nom du fruit correspondant sont des allomorphes ; la forme –er est utilisée seulement après [ ∫ ] ou [ ʒ ]: pommier, cerisier vs pêcher, oranger. Les préfixes aussi présentent des allomorphes : dé – gager, dés – armer. Mais seuls les suffixes peuvent entraîner des allomorphes de la base (voir surtout les verbes correspondant roumains). Dans Dic ţ ionar de ş tiin ţ e ale limbii (2005, 39) , le terme alomorf est défini comme suit : « Variant ă (sau realizare) a morfemului ; morfemul, ca unitate abstract ă apar ţ inând sistemului, se realizeaz ă prin alomorfe, unit ăţ i concrete apar ţ inând planului vorbirii. Formele diferite ale alomorfelor aceluia ş i morfem au diverse explica ţ ii : a) pot fi condi ţ ionate fonetic, forma unui alomorf fiind determinat ă de particularit ăţ i fonetice ale vecin ă t ăţ ilor ( alomorfe fonetice ) ; b) pot fi condi ţ ionate morfologic, un anumit alomorf fiind selectat de o clas ă larg ă de contexte a c ă rei circumscriere se face în termeni morfologici ( alomorfe morfologice ) ». 3 La dérivation parasynthétique suppose l’adjonction simultanée à un radical d’un préfixe et d’un suffixe : embourgeoiser (*bourgeoiser), imbattable (*battable.)
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