AGAPES FRANCOPHONES 2012

308 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 1. Observations sur la forme et l’origine des dérivés analysés ; leur fréquence ; le registre de langue auquel ils appartiennent 1.1. En ce qui concerne les dérivés français et la majorité de leurs correspondants roumains, la base adjectivale est susceptible parfois de modifications : perte du graphème –e dans affaiblir, affadir, appauvrir, assourdir, assouplir ; adjonction et modification de la consonne finale de la base (pour marquer le féminin de l’adjectif) : accourcir, affriander, enjoliver. Affriander est littéraire, accourcir est vieilli (on lui préfère la forme raccourcir, avec le préfixe r–, à valeur intensive ; de même pour allonger / rallonger ; affadir est vieilli aussi, appesantir est rare et a pour base un participe présent : pesant. Le verbe engourdir s’est formé au XII e siècle de l’adjectif gourd ( a. fr. gort,e) <lat. gurdus (grossier) ; anoblir n’apparaît pas sur notre liste, puisqu’il s’est formé à partir du nom noble (Le roi Jean anoblit son chancelier) ; en revanche, nous avons introduit le verbe empourprer (colorer de pourpre, couleur rouge-foncé) , puisqu’on emploie couramment le nom pourpre c omme adjectif de couleur. On peut signaler quelques alternances vocaliques dans la base en roumain : ţ eap ă n > a în ţ epeni ; moale > a muia ; urât < a urâ ţ i ; mort > a amor ţ i, etc. 1.2. En ce qui concerne les dérivés roumains, on peut affirmer qu’aux verbes français déadjectivaux correspondent en roumain des verbes causatifs morphologiques groupés en deux sous-classes : α ) des verbes déadjectivaux obtenus par dérivation suffixale à l’aide des suffixes –a : a scurta ([r]accourcir), a u ş ura (=alléger) ou bien –i : a adânci ( = approfondir), a fr ă gezi (=attendrir), a s ă r ă ci (=appauvrir), a slu ţ i (=enlaidir). β ) des déadjectivaux parasynthétiques que l’on obtient à l’aide des suffixes –a, –i, ou –iza et des préfixes în– (îm–), a– : a îndulci (adoucir), a înfrumuse ţ a (embellir, enjoliver), a îngreuia (=alourdir, appesantir), a înt ă ri (=affermir), a întrista (=attrister), a în ţ epeni (=engourdir) ; a amor ţ i (engourdir), a aplatiza (=aplatir) ; A împurpura et a înnobila ont comme base de dérivation les noms : purpur ă et nobil. 1.3. L’origine latine des préfixes français a– et en–, respectivement în– et a– r oumains La plupart des dérivés verbaux français se sont formés entre les XII e – XIV e siècles. Le procédé de formation est productif. Les préfixes français et roumains sont tous d’origine latine : a– (et variantes) < lat. ad ; en– (em– ) et le roumain în– (îm–) < lat . in. Comme on le sait, ad et in sont des

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