AGAPES FRANCOPHONES 2012
316 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 premières décennies du vingtième siècle) suscitant un intérêt particulier pour tout ce qui provenait du territoire gaulois. La langue française a joué un rôle singulier dans l’enrichissement du lexique serbe. Les nombreux emprunts proviennent en majorité du contact indirect des deux cultures et non d’un contact direct des deux langues. Le plus souvent, les mots s’empruntaient en même temps que le nouvel objet nommé, la nouvelle idée ou notion, et beaucoup sont considérés comme européismes vu leur présence dans la majorité des langues européennes. Parmi les emprunts d’origine française adaptés au système linguistique serbe, nous pouvons noter un nombre important de termes culinaires, étant donné que la gastronomie française est connue et respectée mondialement. Tous ces emprunts se sont adaptés aux systèmes phonologique, graphique, morphologique et sémantique de la langue- emprunteuse, mais leur origine est encore reconnaissable. L’objectif de notre article est de déterminer, à partir d’un corpus extrait de plusieurs dictionnaires français et serbes, si ces termes ont conservé leur sémantisme, celui de la langue-source ou, par contre, s’ils ont subi des adaptations sémantiques variées dans la langue-emprunteuse. Dans notre texte, le terme culinaire est pris dans un sens large, désignant tout lexème se référant au manger et au boire. La comparaison des significations des modèles français et celles des répliques serbes permet la classification suivante : 1) concordance de sens – la (les) signification(s) du modèle et de la réplique coïncide(nt) dans tous les contextes ; 2) rétrécissement de sens – la réplique serbe possède un sémantisme plus étroit et une distribution plus limitée que son modèle français ; 3) élargissement de sens – la réplique serbe a développé des significations n’existant pas en français ; 4) concordance partielle de sens – la combinaison des deux cas précédents : la réplique ne possède pas certaines significations du modèle, mais en a développé d’autres ne se trouvant pas dans la langue-source ; 5) faux amis – le modèle et la réplique ne partagent aucune signification commune. 1. Concordance de sens Dans ce type d’adaptation sémantique, le modèle et la réplique possèdent la (les) même(s) signification(s) dans tous les contextes. D’après le nombre de significations, nous avons réparti les termes culinaires en deux groupes: monosémiques et polysémiques. Le besoin de dénommer de manière précise de nouveaux objets, idées ou notions, motive l’emprunt des lexèmes monosémiques qui, pour la plupart, appartiennent aux terminologies spécialisées des professions. Les
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